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Les Papous, histoire d’une colonisation prolongée.

THIBAUT KAESER* Mars 2006.

Convoitée par l’Indonésie indépendante, la Papouasie Nouvelle-Guinée occidentale, autrefois hollandaise, fut livrée à Djakarta sous la pression de Washington. L’ONU avalisa cette mascarade juridique, une véritable tragédie oubliée de la guerre froide. Pour encore combien de temps ?

Connue pour son extraordinaire richesse ethnolinguistique et sa fascinante biodiversité, la Papouasie Nouvelle-Guinée passionne les anthropologues, les botanistes et les zoologues. En revanche, elle captive peu l’intérêt du grand public lorsqu’il s’agit de son histoire récente. Pourtant, la partie occidentale de la Papouasie a constitué un véritable enjeu de la guerre froide, et malgré l’effondrement du bloc soviétique, un silence persistant continue de l’entourer. Indépendante des Pays-Bas en 1949, l’Indonésie est dirigée par le président Sukarno qui fait de son pays-archipel une puissance émergente du Tiers-monde et du mouvement des non-alignés, notamment lors de la Conférence de Bandung en 1955. Personnalité charismatique et fantasque, Sukarno est un véritable équilibriste de la politique. Il souffle le chaud et le froid, séduit Washington et Moscou, tout en courtisant les diverses forces politiques indonésiennes, qu’elles soient nationalistes, communistes, militaires ou religieuses. Mais sa gestion économique aggrave la situation de son pays tandis que plusieurs rébellions sécessionnistes se développent au milieu des années cinquante. Au même moment, le PKI (Parti communiste indonésien) devient un puissant mouvement de masse, et Sukarno décide d’abandonner un régime de démocratie parlementaire pour celui de la « démocratie dirigée » - une pratique autoritaire du pouvoir présidentiel. Déçu de l’attitude de Moscou (qu’il juge molle) et de Washington (qu’il estime ambiguë), il s’appuie progressivement sur le PKI et, de fait, se rapproche peu à peu de la Chine maoïste à l’orée des années soixante.

Les appétits de Djakarta

Sukarno choisit alors de relancer une vieille revendication nationaliste : le rattachement de la Papouasie occidentale à Djakarta. Il s’agit de « récupérer » la totalité des territoires qui ont dépendu des anciennes Indes néerlandaises. Or, la Papouasie occidentale est toujours hollandaise et Amsterdam entend lui octroyer un autre destin que celui d’une Indonésie en pleine ébullition. Les Pays-Bas sont en effet mécontents des violences et des mesures économiques subies par les Hollandais d’Indonésie ; la non-considération des minorités indigènes et le césarisme de Djakarta les choquent tout autant. En outre, Amsterdam ambitionne de mener graduellement la Papouasie occidentale jusqu’au seuil de l’autodétermination. Des partis politiques mélanésiens se créent à l’initiative des élites locales, tels le Parti national (PARNA) et le Parti démocratique du peuple (DVP). Ces formations modérées prennent part à la vie publique de leur territoire avec la création en 1961 du Conseil de la Nouvelle-Guinée, pourvu d’une réelle représentativité. Le drapeau papou flotte désormais aux côtés du néerlandais. Mais cette politique progressive est mise à mal par les revendications de Djakarta, car Sukarno fait de la Papouasie occidentale une cause nationaliste qu’il maquille d’une rhétorique anti-colonialiste. Si, dans un premier temps, il opte pour une voie diplomatique (en créant sans succès des partis fantoches pro-indonésiens), il écarte les tenants d’une ligne modérée pour s’adjoindre le soutien fervent des militaires et du PKI. Il fait alors planer le spectre d’une guerre tandis que l’ombre du Vietnam se profile non loin de là. De son côté, la Hollande cherche des appuis en invoquant une solution pacifique. Mais plus la tension monte, moins elle est soutenue, encore moins comprise. Dans l’anticolonialisme ambiant, l’ONU accorde son attention aux thèses indonésiennes, soucieuse d’éviter des complications alors qu’elle a d’autres dossiers brûlants (mur de Berlin, Cuba, Congo, etc...). Le problème sera tranché avec l’arrivée de John Fitzgerald Kennedy à la présidence des Etats-Unis d’Amérique.

L’appui majeur del’administration Kennedy

Attentive à l’émergence du Tiers-monde, l’administration Kennedy estime que l’Indonésie doit rester à tout prix une nation amie afin ne pas tomber dans le giron communiste. Ainsi Sukarno est reçu en grande pompe à la Maison Blanche en avril 1961, où Kennedy le qualifie de « George Washington de l’Indonésie ». Les livraisons d’armes et la coopération repartent de plus belle, ce qui est interprété comme un blanc-seing par Djakarta. De la sorte, des commandos indonésiens lancent des incursions en Papouasie occidentale afin de la déstabiliser. Sukarno, conforté par les deux grands (l’URSS lui fournit aussi une aide militaire), annonce une invasion imminente sans craindre la surenchère verbale. Les foules indonésiennes s’enflamment tandis que l’incident naval du Vlakke Hoe de janvier 1962 fait croire à une proche déflagration. Si les soldats néerlandais ne flanchent pas, c’est diplomatiquement que les Pays-Bas vont être contraints à la reddition. Par crainte d’un embrasement régional, l’Australie lui ôte son soutien, suivie par les autres nations asiatiques et océaniennes. Washington donne en effet le la et pousse avec insistance Amsterdam à la table des négociations - comme à la Haye en 1949 pour l’indépendance de l’Indonésie. L’affaire est si sérieuse que Robert Kennedy prend personnellement les choses en main, tançant les ministres hollandais avec arrogance lors de sa visite aux Pays-Bas en février 1962. Ainsi, Amsterdam réalise amèrement qu’elle est bien seule et se résout à contrecoeur. Après des tractations secrètes en mars, les délégations hollandaises et indonésiennes se réunissent sous l’égide d’Ellsworth Bunker, un diplomate étasunien expérimenté, durant l’été au siège new-yorkais de l’ONU. Suivies de très près par l’administration Kennedy, elles aboutissent à la signature de « l’accord Bunker » du 15 août 1962 qui prévoit le transfert de souveraineté d’Amsterdam à Djakarta. Approuvé unanimement et sans débat par l’Assemblée générale de l’ONU (seules abstentions de la France, de l’Afrique noire francophone, de Haïti et du Rwanda), cet accord prévoit une autorité exécutive temporaire des Nations Unies (l’UNTEA) - intermède « pacifique » du 1er octobre 1962 au 1er mai 1963 vidé dans les faits de sa substance - et un référendum d’autodétermination du peuple papou avant six années - le minimum arraché par la Hollande. L’avis des Papous ne fut pas sollicité, et lorsqu’il le fut à l’occasion du référendum de l’été 1969, 1022 délégués, triés sur le volet, furent sommés de se prononcer en faveur du rattachement de leur territoire à l’Indonésie. « L’Acte de Libre Choix », comme ce simulacre est ainsi nommé, avalisa une politique de conquête et la Papouasie occidentale devint la vingt-sixième province indonésienne. La communauté internationale en prit acte le 19 novembre 1969 en votant la résolution 2504. Et Washington d’appuyer avec régularité l’Indonésie : la Papouasie occidentale avait été donnée en cadeau à Sukarno afin qu’il ne se rapproche plus de la Chine, ce qui ne fut pas suffisant puisqu’il continua cette politique jusqu’à son remplacement par le général Suharto lors des événements sanglants de 1965-66. Peu importe : la stabilité de la région était sauve, l’Indonésie de Suharto était un allié sûr et la Papouasie occidentale, devenue Irian Barat (Irian occidental), un gage de cette alliance. Mais qu’en fut-il des premiers concernés ?

La Papouasie,avant le Timor

Face à la mise en coupe réglée du territoire par l’armée indonésienne (d’une dureté notoire), au déni de leur culture, au mépris subi et à l’arrivée de colons javanais et balinais, une résistance papoue s’est organisée à partir de 1965 sous la conduite de l’OPM (Organisation pour la Papouasie libre). Divisée, très faiblement armée et quasiment sans soutien, l’OPM a connu de terribles vagues de répression qui ont entraîné des déplacements de populations et touché les civils. Des multinationales, telle la Freeport McMoran (la plus grande mine d’or et de cuivre à ciel ouvert du monde), causent des dégâts écologiques terrifiants à la mesure de leur influence : l’ouverture en 1973 de la mine du mont Ertsberg fut célébrée par Suharto qui profita de l’occasion pour rebaptiser la province du nom d’Irian Jaya (« Irian glorieux »)... Ainsi, 15% de la population papoue a péri depuis la prise de possession de l’île par l’Indonésie, ce qui correspond à 100 000 personnes. Les Papous, toujours si modérés, revendiquent une terre pour tous qu’ils appelleraient « West Papua ». Prêts au dialogue, ils espèrent des signes de l’Indonésie, qui ne leur en donne guère. Et, toujours, le silence règne sur cet autre Timor. I

Note : *Historien.


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