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Un peuple, quatre Etats, une nation ?

LE PROBLEME KURDE

L’Histoire, n°235, 1999

Hamit Bozarslan, Maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales.

Ils sont près de trente millions, essentiellement répartis entre la Turquie, l’Iran et l’Irak. Minorité rebelle et divisée, souvent victime d’une répression féroce, parfois adepte de la guérilla voire du terrorisme, cette population marginalisée a été à nouveau à la une de l’actualité avec l’arrestation et la condamnation à mort d’Abdullah Öcalan.

Mais qui sont les Kurdes ? Et que réclament-ils ?

L’Histoire : La Turquie, en guerre civile depuis de nombreuses années, peut-elle s’embraser comme l’ex-Yougoslavie ?

Hamit Bozarslan : Les guerres yougoslaves s’expliquent par deux facteurs : la non-satisfaction des revendications des entités fédérées ou autonomes et la stratégie de surenchère et de fuite en avant du pouvoir nationaliste de Milosevic, stratégie qui a abouti à un isolement total de la Serbie.

En Turquie, la situation est naturellement différente dans la mesure où les Kurdes n’ont jamais disposé d’une reconnaissance officielle, sans parler d’une structure fédérale ou autonome ; je vous rappelle d’autre part que la Turquie est membre de l’OTAN, et un allié proche de Washington.

Cela étant, dans l’ensemble des pays qui composaient l’ex-Empire ottoman, on observe que les pouvoirs centraux restent très faibles car ils ne parviennent pas à obtenir l’adhésion de leurs populations. De même, à quelques exceptions près, ils refusent de légitimer les clivages politiques, ethniques, confessionnels à l’œuvre dans leur société... La Turquie est un cas exemplaire de cette instabilité.

L’H. : Les Kurdes ont été à nouveau à la une de l’actualité avec l’arrestation du chef du PKK, mouvement implanté en Turquie, Abdullah Öcalan, par les services secrets turcs, en février 1999. Sans que l’opinion publique européenne sache forcément combien ils sont, où ils sont installés...

H. B. : D’abord en Turquie, où l’on compte 12 à 13 millions d’entre eux, puis en Iran, où ils sont 8 millions, puis en Irak (4 millions), et en Syrie (un million). Signalons aussi les 500 000 Kurdes qui vivent dans diverses régions de l’ex-URSS, et les 300 000 environ qui habitent le Liban ; enfin la diaspora, établie surtout en Allemagne et en France - pour près d’un million d’entre eux.

L’H. : Qu’est-ce qui fait qu’on est kurde ?

H. B. : L’identité kurde s’est construite au cours de l’histoire, au travers de relations établies à la fois avec les autres communautés qui peuplent le Moyen-Orient et avec les États qui ont gouverné ces populations - le mot " kurde " apparaît dans l’historiographie arabe au VIIIe siècle.

L’H. : Mais ce sentiment d’appartenance et d’identité, alors même qu’il y a, vous l’avez dit, une très grande dispersion géographique, sur quoi est-il fondé ? A quoi est-ce qu’un Kurde reconnaît un autre Kurde ?

H. B. : Pas forcément à la langue, il existe plusieurs dialectes différents utilisés par la population kurde, ce qui peut aboutir à une totale incompréhension. Pas à la religion non plus : presque tous les Kurdes sont musulmans mais tous ne font pas partie de l’islam sunnite ; il y a des chiites en Irak et en Iran, des alévis (adeptes d’une confession syncrétique) en Turquie, ainsi que d’autres communautés encore tels les yazidis - plus connus comme " adorateurs du diable " et dont la croyance se rapproche du paganisme (1).

Alors, à votre question, il n’y a pas de réponse claire. On peut peut-être parler de mode de vie, historiquement encadré par des structures sociales traditionnelles : la tribu, la confrérie... Toujours en termes historiques, il y a le sentiment d’être musulman, de représenter la majorité par rapport à des communautés chrétiennes, notamment assyro-chaldéennes (2) et arméniennes, présentes elles aussi dans ces régions : tout cela a fini par créer au cours des siècles une identité qui a dépassé les distinctions d’ordre linguistique ou confessionnel. Si vous voulez, un Kurde se définit davantage par rapport à l’extérieur qu’à l’intérieur, par rapport à ce qu’il n’est pas que par rapport à ce qu’il est ; ainsi, par exemple, les dialectes kurdes, en aucun cas facteur d’unité, ont servi de discriminant vis-à-vis des différents pouvoirs "étrangers".

L’H. : Ces pouvoirs étrangers, arabes ou ottoman, ont-ils été pour les Kurdes oppressifs ?

H. B. : Non. Sous domination arabe, puis sous l’Empire ottoman, on a toujours, dans la tradition musulmane et impériale, privilégié les interlocuteurs locaux, plutôt que d’employer l’armée ou les fonctionnaires pour faire respecter l’ordre - d’où la reconnaissance, dès l’origine, d’une particularité kurde. Cela étant, les Kurdes se sont dès le XVIe siècle trouvés pris en tenaille entre l’Empire persan d’un côté, l’Empire ottoman de l’autre, dans une situation périphérique, et toujours aux marches de la Russie.

L’H. : Ces relais à l’intérieur de la communauté, ces interlocuteurs privilégiés du pouvoir, qui sont-ils, au sein de la communauté kurde ?

H. B. : D’abord les religieux. Il existe chez les Kurdes une multitude de confréries religieuses, mouvances qui recherchent l’accès à la divinité par l’intercession d’un homme, un cheikh, pourvu de disciples et, au-delà, de milliers d’adeptes. Deux de ces confréries, la Naqchibandiyya et la Qadiriyya, sont toujours très actives en Turquie, en Irak, en Syrie et en Iran.

En deuxième lieu, les chefs de tribus : la société kurde est fondée sur ces groupes de solidarité élargie, qui peuvent concerner des dizaines de milliers de personnes. Ensuite, ce qu’on appelle les émirs, représentants cette fois de structures politiques qui dépassent les liens tribaux, héréditaires, et très "parcellisées" : il y avait jusqu’à 16 émirats kurdes aux XVIIe siècle. Vassalisés, ceux-ci jouissaient cependant d’une large autonomie sur de vastes territoires, disposant de leurs cours et armées propres et percevant eux-mêmes des taxes.

Il faut bien voir que, si les émirats ont disparu, les confréries et les tribus ont perduré jusqu’à nos jours, qu’elles constituent toujours un élément central de la vie politique kurde, et d’ailleurs, au-delà, de la vie politique turque, irakienne ou syrienne. Ainsi, les partis politiques en Turquie sont souvent obligés de placer des chefs de tribus kurdes en position d’éligibilité, ce qui leur apporte un nombre considérable de voix venant des membres de ces tribus. De même, le pouvoir central a recours à des " protecteurs de village ", miliciens armés et salariés par l’État, et dont le nombre dépasse aujourd’hui 70 000. Le pouvoir irakien a également largement eu recours à ce mode de recrutement.

L’H. : A quel moment, précisément, voit-on surgir un nationalisme kurde ?

H. B. : Au cours du XIXe siècle surgit, à la fois dans l’Empire ottoman et dans l’Empire persan, un courant de centralisation très fort, provoquant la disparition des émirats, mais en même temps des réactions locales. L’une des raisons de l’émergence des nationalismes régionaux, d’abord au sein des communautés chrétiennes, ensuite au sein des populations musulmanes est à chercher dans cette politique centralisatrice. C’est dans le cadre de ce mouvement général qu’a émergé le nationalisme kurde, fédérant des Kurdes de confessions et de langues différentes.

On peut donc estimer que, à la fin du XIXe siècle, dès les années 1880, existe déjà un nationalisme culturel, civilisationnel si l’on peut dire.

L’H. : Et on l’inscrit dans un territoire précis ? S’il y avait une nation kurde, on sait quelles en seraient les frontières ?

H. B. : Non, la définition du territoire viendra plus tard. Avant la Première Guerre mondiale, dans les territoires peuplés par les Kurdes, il y a aussi de très nombreux Arméniens, parfois même majoritaires. Et, comme je vous le disais, des Assyro-Chaldéens.

L’H. : La Première Guerre mondiale a été pour les Kurdes l’occasion de donner libre cours à leur hostilité contre les Arméniens ? H. B. : Les Kurdes ont effectivement été partie prenante dans l’extermination des Arméniens perpétrée en 1915. Le sultan ottoman Abdul Hamid II avait constitué des brigades tribales de cavalerie légère kurdes, dites hamidiyye, qui, durant les années de guerre, ont massivement participé aux tueries.

L’H. : Pourquoi ? Par fanatisme religieux ?

H.B. : La différence religieuse et linguistique est un facteur important mais n’explique pas tout. Les Kurdes étaient alors animés d’intérêts à très courte vue : il s’agissait de s’approprier les terres et les biens des Arméniens.

L’H. : La fin de la Première Guerre mondiale, c’est la fin de l’Empire ottoman, et les traités de paix reconnaissant, nouveauté fondamentale, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Que se passe-t-il alors pour les Kurdes ? A-t-on encouragé pour eux la création d’un État ?

H. B. : Au lendemain de la guerre, il y a deux tendances au sein de la mouvance nationaliste. L’une réclame l’autonomie du Kurdistan, l’autre, déjà, son indépendance. Ce sont les représentants de ce dernier courant qui vont assister aux négociations de paix et qui imposeront, à Sèvres, la création, au moins sur le papier, d’une Arménie - concession inévitable pour arriver à leurs fins - et d’un Kurdistan.

Or le traité de Sèvres se trouve très rapidement caduc, puisque le leader nationaliste turc Mustafa Kemal le récuse et se lance dans une guerre d’indépendance à laquelle il associe massivement les Kurdes.

A cette date, d’ailleurs, les Kurdes envisagent plutôt de collaborer avec le nouvel État turc, parce qu’ils sont avant tout soucieux de défendre une identité musulmane - et ils craignent que les Arméniens ne cherchent à prendre leur revanche. En somme, malgré les revendications d’une partie de l’intelligentsia, le nationalisme kurde est mis en sommeil jusqu’en 1923. D’autant plus que Mustafa Kemal prend soin d’assurer la plupart des dirigeants kurdes qu’il respectera leurs droits, qu’il existe une fraternité kurdo-turque...

L’H. : Que s’est-il passé en 1923 ?

H. B. : La République turque est proclamée. Et on assiste à un renforcement du nationalisme turc, de plus en plus défini comme la doctrine officielle du pays : dès 1924, la distinction est faite, au plus haut niveau, entre les Turcs et les autres, qui sont de fait marginalisés dans la vie publique.

L’H. : Dans les années 1920, quel est le pourcentage de Kurdes dans la population turque ?

H. B. : En 1927, ils sont estimés à 12 ou 13 % de la population totale.

L’H. : Et concrètement, en quoi s’estiment-ils floués ?

H. B. : Ils auraient voulu, par exemple, qu’on donne un statut équivalent à la langue kurde et à la langue turque, qu’il y ait un bilinguisme officiel, un enseignement, une presse kurdes. Et aussi une autonomie administrative : les Kurdes occuperaient les postes clés dans les régions kurdes.

Ce n’est évidemment pas le cas. Ils ont donc l’impression d’être persécutés, et d’autant plus que Mustafa Kemal s’affirme très vite comme un champion de la turcité. De même, il se fait le champion de la laïcité, alors que les Kurdes sont profondément imprégnés d’esprit religieux. Rappelons les mesures qu’il a prises dès son arrivée au pouvoir : l’abolition du califat (3) en 1924, l’interdiction du port des couvre-chefs traditionnels en 1925, celle des confréries la même année, la fermeture des écoles religieuses...

L’H. : Cette modernisation et cette laïcisation volontariste de la société, ont-elles été plus difficile à accepter pour les Kurdes que pour les Turcs ?

H. B. : Oui, parce que, pour les Kurdes, la notion de fraternité musulmane a toujours été très importante ; c’est elle qui explique l’alliance qu’ils avaient nouée avec Mustafa Kemal. C’est pourquoi, à partir de 1923, la contestation s’est radicalisée.

Désormais, les nationalistes et certains ulémas (dirigeants religieux) kurdes réclament un Kurdistan indépendant. Certains d’entre eux sont déterminés à rejeter toute domination de l’État turc, non pas parce qu’il est l’État, mais parce qu’il est turc - ce sont plutôt les intellectuels. D’autres - plutôt au sein des populations rurales - refusent l’État turc parce qu’il est l’État, centralisateur, percepteur, parce qu’il a établi des frontières qui vont à l’encontre des structures tribales...

Ces deux tendances convergent pour donner naissance à des révoltes d’importance : il y en a eu 16 en Turquie de 1923 à 1938. A trois reprises, en 1925, en 1930 et en 1936-1938, le pouvoir a été obligé de mobiliser plus de 50 000 soldats, ce qui était considérable pour l’époque.

L’H. : On a une idée du nombre des victimes ?

H. B. : Il y a probablement eu plusieurs dizaines de milliers de morts à chaque fois. Et des lois de déportation, ou dites de réinstallation, transférant les Kurdes dans les régions turques. Tout ceci a bien entendu eu pour effet d’ancrer chez les Kurdes un véritable sentiment nationaliste.

L’H. : Cette répression kémaliste a anéanti le mouvement ?

H. B. : Oui, on est entré à partir de la fin des années 1930 dans une période de silence, de peur, d’épuisement tout simplement du mouvement armé ; les chefs avaient été pour la plupart exécutés, ou bien contraints à l’exil. Pour voir un renouveau, il faut attendre les années 1960.

Ce renouveau, on le doit d’abord à la révolte kurde de Mustafa Barzani en Irak, en 1961 : impact immédiat en Turquie. C’est d’autre part une époque où, en Turquie, on assiste à des mouvements sociaux très forts, notamment estudiantins. Et à l’émergence d’une gauche qui se radicalise très rapidement : à la fin de la décennie 1960 plusieurs groupuscules sont acquis à l’idée de la lutte de guérilla.

Chez les Kurdes, la revendication s’enracine peu à peu au sein de la population. Ce qu’on demande haut et fort désormais, c’est une radio kurde, des écoles kurdes, et puis des routes, des usines... Et comme à chacune de ces demandes le pouvoir répond par une fin de non-recevoir, la revendication se transforme en contestation politique extrême.

L’H. : Vous avez parlé des mouvements kurdes en Irak pour expliquer ce renouveau des années 1960. Par rapport à la lutte pour l’autonomie, voire l’indépendance, des Kurdes de Turquie, ceux d’Irak ont-ils été, au cours du XXe siècle, à la remorque, ou au contraire à l’avant-garde ?

H. B. : Le statut des régions kurdes d’Irak n’a pas été fixé avant 1926, car dans un premier temps ces anciennes provinces de l’Empire ottoman ont été occupées par les Britanniques. C’est ce qu’on appelle la wilaya de Mossoul, qui fut annexée par l’Irak en 1926 - en échange de ce " rattachement ", les Britanniques avaient promis aux Kurdes une autonomie culturelle.

Dans les faits, cette autonomie n’a pas vu le jour, mais la tradition irakienne est dans ce domaine différente de la tradition turque : il y a des écoles kurdes, la possibilité de publier des livres en kurde, etc. Ce qui n’empêche pas l’éclatement de révoltes, dans les années 1920 et 1930 - réprimées elles aussi, mais avec beaucoup moins de brutalité qu’en Turquie. Cela étant dit, on y reviendra sans doute, avec l’ascension de Saddam Hussein dans les années 1970 la répression irakienne a pris une tournure féroce. A preuve les films tournés en 1988 dans la ville de Halabja, détruite par des armes chimiques.

L’H. : Et en Iran ?

H. B. : En Iran, la situation est un peu analogue à celle de l’Irak. Certes, il n’y a pas d’écoles kurdes, pas de publications non plus, mais une reconnaissance de facto d’une certaine particularité. De même, quand il y a des révoltes, on n’atteint pas le degré de violence dans la répression qui fait suite à l’écrasement des révoltes kurdes en Turquie : pas de politique systématique de destruction, de terre brûlée...

Mais ce qu’il faut signaler pour l’Iran, c’est l’année 1946 : le pays est occupé d’une part par les Soviétiques, d’autre part par les Anglais, et les Soviétiques encouragent la fondation de deux Républiques autonomes, celle d’Azerbaïdjan et celle de Mahabad, au Kurdistan iranien. Elles n’auront que onze mois d’existence : les troupes iraniennes finissent par entrer au Kurdistan, et les principaux dirigeants kurdes sont exécutés.

L’H. : Vous avez fait état de très nombreux soulèvements au cours du XXe siècle, aussi bien en Turquie qu’en Irak ou en Iran. Dans ces circonstances, est-ce qu’il y a coordination entre les différents mouvements kurdes, ou simplement contacts entre les différents chefs, d’un pays à l’autre ? Est-ce qu’il y a un projet d’ensemble, ou au moins l’idée qu’en s’unissant on sera plus fort, mieux armé pour résister au pouvoir central ?

H. B. : C’est un problème très grave : le mouvement kurde n’est jamais arrivé à créer même l’esquisse d’une unité, d’une fédération de ses différentes composantes - entre les frontières nationales que vous citez, et à l’intérieur même de ces frontières.

Au contraire : dans les années 1920 ou 1930, lorsque certaines tribus se révoltent, d’autres se rallient à l’État ; lorsque les Kurdes sunnites de Turquie se soulèvent contre le pouvoir, les Kurdes alévis du même pays restent silencieux, et inversement. Il n’y a eu qu’une seule exception : la révolte de 1961 mobilisa en Irak la plupart des tribus kurdes - même s’il y en eut toujours quelques-unes pour collaborer avec l’État.

Il faut aussi ajouter qu’à chaque fois qu’il y a un mouvement important dans un des trois pays, cela se répercute dans les pays voisins, soit en termes de révoltes analogues, soit en termes de solidarité humanitaire, financière, voire militaire.

L’H. : Et le renouveau nationaliste des années 1960, il concerne l’ensemble de la région ?

H. B. : Oui, ce qu’on observe à partir des années 1960, c’est une radicalisation dans les trois pays. Avec des particularités que l’on peut énumérer.

En Turquie, il faut noter la création du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), en 1977. Son père fondateur, c’est Abdullah Öcalan, qui vient d’être arrêté par les Turcs, vous l’avez rappelé, après quinze ans de lutte armée contre eux - la stratégie de guérilla a véritablement été lancée en 1984. Quand cela a été nécessaire, Öcalan a pu trouver refuge soit au Kurdistan d’Irak soit chez les Palestiniens du Liban, soit en Syrie.

L’H. : Vous dites guérilla. On peut dire terrorisme ?

H. B. : Non, pour des raisons méthodologiques, je préfère ne pas parler de terrorisme, mais de lutte armée ou de contestation violente.

L’H. : Qui a fait combien de morts ?

H. B. : Plus de 30 000, dont 5 000 soldats et policiers turcs, 5 000 civils et quelque 20 000 militants du PKK.

L’H. : Le PKK, avec ses méthodes, ses revendications : est-il représentatif de ce que pense, ou souhaite, de ce à quoi adhère aujourd’hui la majorité des Kurdes de Turquie ?

H. B. : C’est extrêmement difficile à savoir. Une chose est sûre, c’est que le PKK n’a pas hésité à user de moyens brutaux, contre l’État mais aussi, parfois, à l’encontre de la population kurde. Cependant, une bonne partie de la jeunesse kurde s’est identifiée à lui.

D’abord, parce que le PKK a opposé à la violence de l’État sa propre violence, qu’il a répondu à la négation du fait kurde, de façon totale, sans concession d’aucune sorte : violence exercée contre soi-même, contre les "collaborateurs". Il ne faut pas oublier qu’en Turquie, surtout depuis le coup d’État de 1980 (4) et jusqu’au début des années 1990, ce qui prévaut, c’est un discours d’assimilation radicale à l’égard des Kurdes : on a interdit l’usage du kurde jusque dans la sphère privée, orale - sans aucun moyen de contrôle évidemment -, on vante la noblesse du sang turc, etc.

Pour en revenir au PKK, sa popularité a été à la hauteur du rejet, dans la population kurde, de cette oppression. Mais s’il a séduit, mobilisé, c’est aussi parce qu’il a imposé une hiérarchie militaire, très pyramidale, et un culte de la personnalité, celle d’Öcalan, présenté comme le symétrique et l’adversaire par excellence de Mustapha Kemal. Cela a rendu crédible l’idée d’une nation kurde, disposant des mêmes caractéristiques - et donc des mêmes droits - que les autres nations du Moyen-Orient, à commencer par les Turcs. L’H. : Vous parliez de violences exercées contre les Kurdes eux-mêmes. Physiques, mais aussi sous la forme de prélèvements financiers : on a pu parler de racket...

H. B. : Oui. Cela s’explique par le fait que le PKK se considère comme un État en puissance. Dans cette logique, le prélèvement obligatoire, c’est un impôt, ni plus ni moins. Et le fait d’enrôler de force des jeunes gens, c’est le service militaire.

L’H. : Quelles sont les cibles privilégiées du PKK ?

H. B. : Au sein de la population kurde, les tribus, ou les individus, qui collaborent avec l’État turc. Par ailleurs, des écoles turques, accusées de perpétuer le colonialisme.

L’H. : Le PKK fait exploser des bombes dans les écoles ?

H. B. : Non, mais dans les années 1990, il procède à l’assassinat des instituteurs. Et il vise, en général, tout ce qui symbolise l’État turc : les commissariats, la gendarmerie, la poste, les banques... Il faut cependant rappeler que l’État turc a envoyé au Kurdistan des escadrons de la mort qui ont tué quelque 2 500 personnes, des sympathisants du PKK ou des intellectuels nationalistes kurdes. Face à cette répression, la majorité des Kurdes a vraiment fini par considérer le PKK comme son armée de libération nationale. Il occupe aujourd’hui une position de monopole dans l’espace politique kurde.

Mais, dans le même temps, une telle organisation, surtout lorsqu’elle arrive à mobiliser des dizaines de milliers de combattants clandestins, ne peut définitivement préserver une stricte hiérarchie. Il émerge nécessairement, qu’on le veuille ou non, des tendances centrifuges, des chefs locaux qui imposent leur autonomie - la guérilla se perpétue aussi parce que c’est une voie d’ascension "sociale" pour les combattants... Ainsi, en 1993, le PKK avait décrété un cessez-le-feu qui n’a pas duré, parce qu’un des chefs régionaux, en désaccord avec Öcalan, a ordonné l’exécution de 33 soldats turcs prisonniers.

L’H. : Le PKK, c’est l’organisation de lutte armée des Kurdes de Turquie. En Irak et en Iran, y a-t-il des structures analogues ?

H. B. : En Iran, c’est la révolution islamique, amenant au pouvoir l’ayatollah Khomeiny en 1979 (5), qui a changé la donne. L’instauration d’un nouveau pouvoir autoritaire au lendemain de la révolution a provoqué par contrecoup une guérilla très nourrie qui a fait quelque 40 000 morts. Dans la guerre Iran-Irak, les Kurdes iraniens étaient soutenus par l’Irak, ce qui a permis à Téhéran de les traiter comme des ennemis déclarés.

Après la guerre, il y a eu des négociations entre le pouvoir central et les mouvements kurdes, au cours desquelles les chefs kurdes ont été assassinés, en 1989. Trois ans après, les nouveaux dirigeants du mouvement ont à leur tour disparu, à Berlin. Depuis, le mouvement, qui continue d’exercer une grande influence au Kurdistan iranien, vit sur ses gardes.

En 1988, la guerre irako-iranienne a pris fin, et Saddam Hussein a eu les moyens de mener une politique de destruction massive des campagnes et des populations kurdes, notamment avec des armes chimiques, dont j’ai parlé.

Ensuite, en 1991, il y a eu la guerre du Golfe, et la révolte kurde qui s’en est suivie. Le traumatisme lié à l’utilisation des armes chimiques a poussé quelque 2 millions de Kurdes à s’enfuir dans les pays voisins - d’où l’intervention américaine, et la création d’une "zone de protection" au nord de l’Irak, c’est-à-dire recouvrant une grande partie du Kurdistan irakien, surveillée par les armées alliées.

Il y a à présent dans cette région une situation de fait d’autonomie - puisqu’elle est interdite d’accès, par la résolution 688 du Conseil de sécurité de l’ONU de 1991, aux forces de sécurité irakiennes. Ce qui n’a pas empêché une guerre civile entre deux groupes kurdes, qui a duré de 1994 à 1996. On attend des élections, qui devaient avoir lieu en 1999, pour déterminer qui exercera l’administration locale.

L’H. : On a l’impression que les Kurdes ont tour à tour été soutenus par Bagdad et par Téhéran - qui les prennent en quelque sorte en otages. Il n’est pas venu à l’idée des Kurdes des deux pays en question de faire front commun contre leurs oppresseurs ?

H. B. : Ils auraient pu, ils auraient dû, mais ce qu’on est bien obligé de constater c’est qu’au contraire, à chaque fois qu’il y a eu une situation de crise à l’échelle régionale, chaque organisation ou chaque parti du Kurdistan choisit prioritairement de passer alliance avec l’État qui menaçait son propre pouvoir central.

L’H. : Finalement, est-ce qu’on peut dire que les Kurdes d’Irak, ceux d’Iran et ceux de Turquie éprouvent aussi un sentiment d’appartenance au pays dans lequel ils se trouvent, et par conséquent d’antagonisme vis-à-vis des autres Kurdes ?

H. B. : Je crois qu’il y a effectivement un sentiment d’appartenance à un espace délimité par l’État, parce que cette expérience historique dure maintenant depuis sept décennies et qu’elle a formé des identités locales, une vie culturelle, etc., fragmentant par là l’entité qu’on appelle "kurdicité".

L’H. : En Turquie même, certains Kurdes acceptent de "collaborer" avec le pouvoir central. Cela peut apporter de réels bénéfices, et peut-être pour la communauté tout entière : un Kurde a présidé l’Assemblée nationale en Turquie ?

H. B. : Oui, mais cela relève autant de l’assimilation que de la collaboration. Certains ont fait ce choix : pour avoir droit de cité, accéder à l’égalité en termes juridique, économique et politique, ils ont renoncé à leur identité kurde. De nombreux Kurdes se trouvent aujourd’hui dans cette situation. C’est du reste exactement ce que souhaite la propagande turque, qui dit et répète : on vous donne toutes les chances à condition que vous renonciez à votre particularité.

D’autres paraissent parfaitement intégrés et contribuent même au rayonnement de la Turquie à l’extérieur : ainsi le romancier Yasar Kemal, le cinéaste Yilmaz Güney, mort en 1984, ou l’homme d’affaires multimilliardaire H. Toprak.

L’H. : Peut-on comparer la situation des Kurdes à celle des Corses ou des Basques en France ?

H. B. : Les Corses ou les Basques n’ont pas été victimes de massacres ou de déportations. Et la France est un État-nation beaucoup plus ancien que la Turquie. Je crois que la Turquie, historiquement, est venue trop tard pour prétendre imposer un tel modèle culturel. De plus, la Corse, par exemple, est en perpétuelle négociation, en termes économiques, administratifs, en termes de privilèges reconnus finalement, avec la France métropolitaine - toutes choses que l’on refuse aux Kurdes de Turquie.

Leur situation s’apparente plus, me semble-t-il, à celle des Basques sous Franco : des sentiments de solidarité interne extrêmement forts et, de l’autre côté, un régime autoritaire qui refuse toute expression identitaire. Cet exemple est aussi assez éclairant parce qu’il nous indique une issue possible au problème kurde : reconnaissance d’un fait régional, de droits culturels, représentation des partis politiques kurdes, décentralisation, assemblées locales...

C’était d’ailleurs le programme du précédent président de la République turc - de mère kurde -, mort en 1993, Turgut Özal, qui a officiellement reconnu l’existence de 12 millions de Kurdes en Turquie. Son programme était tout à fait sensé : amnistier les membres du PKK, tous, leur reconnaître les droits civiques, y compris celui de fonder leur parti et de participer aux élections, diviser la Turquie en régions qu’on pourrait comparer aux États d’Amérique, avec une assemblée régionale aux prérogatives étendues. Depuis sa disparition, tout cela a été violemment rejeté par ses successeurs.

L’H. : Cela vous paraît une meilleure solution que la création d’un Kurdistan indépendant ?

H. B. : Oui, parce qu’on est au Moyen-Orient, où il me paraît difficile de créer un nouvel État-nation. Et puis, est-ce que cela satisferait les Kurdes ? Ce n’est pas sûr. Ils ont libre accès à Bagdad, à Istanbul, à Damas ou à Téhéran. Cela peut constituer un atout, une richesse, une porte ouverte. Est-ce qu’ils voudraient s’en priver ? Les acteurs kurdes, y compris le PKK, sont d’ailleurs très favorables à un programme analogue à celui de Turgut Özal.

L’H. : Alors l’arrestation d’Öcalan tombe mal ?

H. B. : L’arrestation d’Öcalan a eu pour conséquence inévitable de radicaliser les exigences des Kurdes, même ceux qui ne faisaient pas partie du PKK, mais qui ont tous ressenti une humiliation très forte.

L’H. : Qu’est-ce qu’il risque ?

H. B. : Il a été condamné à mort. Cette peine sera-t-elle commuée ? L’opinion publique en Turquie semble favorable à l’exécution de la sentence. Certains responsables politiques sont plus réservés. Cette peine risquerait en tout cas de susciter une grave crise avec l’Union européenne et ne manquerait sans doute pas de provoquer de nouvelles vagues de violence.

L’H. : Et le PKK sans Öcalan, dans quelle situation se trouve-t-il ?

H. B. : Radicalisé aussi : alors qu’il y a encore quelques mois, certains envisageaient sérieusement l’abandon de la lutte armée pour passer à une lutte diplomatique et politique, ce n’est plus aussi facilement envisageable. D’autant plus que le Parti démocratique de Serafettin Elçi, le seul parti politique kurde modéré, hostile au PKK, à la violence, à toute forme de clandestinité, mais recommandant de résoudre la question kurde, a été interdit, quinze jours après l’arrestation d’Öcalan. C’est comme si le pouvoir turc voulait convaincre les Kurdes que la lutte armée est la seule solution qui leur reste.

(Propos recueillis par Véronique Sales.)

NOTES

1. On ne dispose pas de chiffre concernant la répartition confessionnelle des Kurdes. Selon diverses estimations, un quart des Kurdes iraniens est chiite. En Turquie, un quart de cette population est alévie. En Irak, plus de 300 000 Kurdes sur 4 millions sont chiites. Les yazidis, près de 100 000, sont dispersés entre l’ex-URSS, l’Irak, la Turquie et l’Europe.

2. Il s’agit des chaldéens d’Assyrie (Irak et sud-est de la Turquie). Les chaldéens appartiennent à une Église chrétienne d’Orient (Mésopotamie, Iran, Inde) ; ils sont les disciples d’un évêque du Ve siècle, Nestorius, condamné par les orthodoxes.

3. Le calife est le successeur du Prophète et le dépositaire, non pas de sa mission prophétique, mais de la loi (charia). Le sultan ottoman releva en 1517 le titre de calife. Le califat ottoman fut aboli en mars 1924 par Mustafa Kemal.

4. Le 12 septembre 1980, devant la violence de la guerre civile entre extrême droite et extrême gauche qui s’étendait à l’ensemble du pays, les chefs militaires turcs prennent le pouvoir : le Parlement est dissous et le gouvernement confié au Conseil national de sécurité. Le général Evren est nommé chef de l’État. Il finira par rétablir le pluralisme politique en 1983.

5. Cf. Y. Richard, " La prise du pouvoir par l’ayatollah Khomeiny ", L’Histoire n° 163, pp. 28-42.


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