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L’insurrection baloutche.


-  Un début d’année explosif.

Situé à quelque 350 kilomètres au sud-est de la capitale provinciale Quetta, le gisement de Sui, qui représente 45% de la production annuelle de gaz naturel du Pakistan, a été visé par des attaques à partir du 7 janvier, après des rumeurs faisant état du viol collectif d’une doctoresse employée par la compagnie qui exploite le gisement par des hommes appartenant au service de sécurité du gisement. Près de 450 roquettes et soixante obus de mortiers ont été tirés sur le gisement par des membres de la tribu Bugti encouragés par leur chef, le Sardar Akbar Bugti, et par l’Armée de libération du Baloutchistan (ALB). Au moins huit personnes ont été tuées, dont trois membres des forces de sécurité du site. Trente-cinq autres ont été blessées. En outre, 12 employés de l’Autorité de l’eau et de l’électricité pakistanaise ont été enlevés pendant plusieurs jours avant d’être libérés le 14 janvier. Des conduits ont également été endommagés, entraînant la fermeture de la principale installation fournissant en gaz les provinces environnantes. Karachi, ville portuaire de 13 millions d’habitants et véritable poumon économique du pays, a connu des coupures quotidiennes qui ont entraîné une chute de la production industrielle de 25 %. L’opération de Sui a montré le niveau de cohésion et de sophistication de la rébellion. Elle a également mit en exergue l’alliance entre les tribus (les tribus Mengals, Mazais et Marris campaient à proximité de Sui prêtes à venir en aide aux Bugtis) et les nationalistes. Plus de 1 000 paramilitaires membres des Frontiers Corps ont été déployés dans la région de Sui pour protéger le site. Une vaste offensive militaire pourrait suivre pour mettre au pas une rébellion qui menace l’intégrité territoriale du Pakistan, l’establishment militaire percevant la résurgence du nationalisme baloutche comme une menace pour l’unité nationale et pour le développement économique du pays. De plus, ces événements interviennent alors que le pouvoir central pakistanais doit déjà faire face au nord-ouest à la rébellion des fondamentalistes pashtounes alliés à al-Qaïda et à Gilgit, dans l’extrême nord du pays, à une guerre civile entre sunnites et chiites. Un conflit au Baloutchistan, espace stratégique recouvrant 42 % du territoire pakistanais et situé à la frontière de l’Iran et de l’Afghanistan, impliquerait automatiquement ces deux pays. En outre, il pourrait menacer le réchauffement des relations entre le Pakistan et l’Inde, New Delhi étant régulièrement accusée de financer et d’armer les rebelles Baloutches.

-  Les racines historiques du mouvement baloutche d’autodétermination

Le nationalisme baloutche se réclame du Royaume de Kalat, principauté de l’État afghan dont le territoire englobait au 18e siècle l’aire d’extension des populations baloutches. Le tracé des frontières imposé par les Britanniques divisa les Baloutches entre l’Iran (ligne Goldsmith en 1871) et l’Afghanistan (ligne Durand en 1893). Dans l’Inde coloniale, les Baloutches vivaient aussi bien sous administration britannique que dans des principautés. Lors de la création du Pakistan, le souverain de l’État de Kalat opta pour l’indépendance, mais l’armée pakistanaise intervint et écrasa, dès mars 1948, la résistance baloutche. Le gouvernement pakistanais parvint par la suite à tuer dans l’œuf l’irrédentisme baloutche en se ralliant les chefs de tribus (sardars) et en divisant le Baloutchistan en deux provinces (la Balutchistan States Union créée à partir des anciennes principautés et le Baloutchistan autour des zones sous administration britannique). Il fallut attendre le One Unit Scheme de 1955 pour que les Baloutches retrouvent un semblant d’union administrative. Toutefois, une nouvelle insurrection débuta en 1958 suite à la révocation du Khân de Kalat pour sédition. Le zèle centralisateur de Z.A. Bhutto raviva la résistance. En 1972, le National Awami Party et la Jamiat-ul Ulama-i Islam (JUI) remportèrent les élections provinciales. L’alliance des deux partis annonça la mise en place d’une politique destinée à redonner la primauté aux Baloutches dans l’administration au détriment des Pendjabis. En outre, les dirigeants provinciaux souhaitaient avoir le contrôle de leur développement économique, ce qu’Islamabad refusait. En dépit d’une politique d’ouverture, l’assemblée provinciale accepta à l’unanimité l’utilisation de l’ourdou comme langue officielle dans la province alors que les baloutches parlent le baloutche et/ou le brahoui, Z.A. Bhutto décida en février 1973 de démettre le gouvernement de la province dirigé par Attaullah Khân Mengal. Les principaux dirigeants du mouvement furent arrêtés, ce qui laissa la place à des cadres plus radicaux qui organisèrent la rébellion autour de deux mouvements : le Baluch People’s Liberation Front (BPLF) et le Baluch Student’s Organization. Pour mater quelque 10 000 rebelles, le gouvernement fédéral déploya 80 000 soldats de l’armée régulière et, avec l’aide du régime iranien inquiet en raison de la possible extension du conflit dans les régions baloutches d’Iran, parvint à les mettre au pas au prix de lourdes pertes en vies humaines (8 600 morts, dont 5 300 du côté de la rébellion baloutche). Toutefois, alors que le mouvement réclamait plus d’autonomie pour le Baloutchistan au sein de la fédération pakistanaise, la réponse du président Bhutto a fait naître un sentiment séparatiste fort.

-  Les causes de la reprise de la lutte

La dégradation de l’environnement sécuritaire dans la province du Baloutchistan remonte au mois de juin 2004. Pour ce seul mois, 120 attaques à la roquette ont été recensées. Elles traduisent le sentiment des Baloutches d’être spoliés une nouvelle fois. Quelques chiffres montrent le retard socio-économique pris par le Baloutchistan. 55 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le taux d’alphabétisation est de 34 % pour les hommes et de 14,1 % pour les femmes, ce qui correspond aux taux sont les plus bas du Pakistan. Les Baloutches souhaiteraient être associés au développement économique de leur province via l’augmentation des royalties liées à l’exploitation des ressources de leur sous-sol. Ils s’inquiètent également de l’arrivée massive de pendjabis et de non-baloutches pour travailler sur le chantier du port en eaux profondes de Gwadar. En outre, ils s’insurgent contre le peu de place qu’il leur est fait dans la fonction publique et dans l’armée (sur la période 1995-2003, l’armée pakistanaise comptait dans ses rangs que 3 753 soldats originaires du Baloutchistan). Enfin, ils ne veulent pas de la construction de nouvelles infrastructures militaires dans leur province. Or, le gouvernement fédéral a fait l’acquisition d’importants terrains destinés à la construction ou à l’extension de casernes à Gwadar, Dera Bugti, Kohlu, Quetta et Khuzdar.

-  Structuration du mouvement : deux tendances, deux générations

Le mouvement pour la revendication des droits des Baloutches est à la fois politique et militaire. Le mouvement politique, qui multiplie les marches de protestation et les manifestations pacifiques, est animé par quatre partis (Jamhoori Watan Party, National Party, Baloutchistan National Party (Mengal) et Baluch Haqtawar) marginalisés par l’alliance dans la province entre le parti pro-Moucharraf et les islamistes de la Muttahida Majlis-e Amal. L’aspect militaire de la lutte est du ressort de l’Armée de libération du Baloutchistan (ALB). Fonctionnant en petites cellules et comptant des centaines de combattants, cette organisation prend pour cibles des intérêts économiques, des infrastructures et les militaires. L’ALB est composée d’éléments nés après la dernière lutte pour l’indépendance ou trop jeunes pour y avoir pris part. Elle pourrait recevoir le renfort des milices tribales dirigées par les chefs de tribus. Dans les années 1980-1990, ses membres ont travaillé en Arabie Saoudite dans le secteur de la sécurité. Ils utilisent désormais leur savoir-faire contre l’armée pakistanaise.

-  Stratégie du gouvernement pakistanais

Pervez Moucharraf semble déterminer à régler ce conflit coûte que coûte. Sa stratégie repose sur trois points :
- ne pas fermer la porte au dialogue avec les quatre partis précités,
- anéantir la guérilla nationaliste baloutche,
- éviter d’affronter al-Qaïda qui attend patiemment son heure pour ne pas mettre en péril la lutte contre la rébellion. De son côté, le premier ministre Shaukat Aziz apporte une réponse économique aux revendications des Baloutches. Début octobre, il a annoncé le déblocage d’une aide de trois milliards de roupies (environ 38 millions d’euros) destinée à accélérer le développement économique du Baloutchistan et à lutter contre les effets de la sécheresse.

-  Quelle réaction des nationalistes pashtounes ?

Dans les années 1970, ils sont restés en dehors du conflit. Aujourd’hui, nationalistes pashtounes et baloutches partagent un objectif commun et militent pour la reconnaissance de leurs droits au sein du Pakistan Oppressed Nation Movement, dont le chef est le leader nationaliste baloutche Attaulah Mengal. Son adjoint est Mahmoud Khân Achakzaï, le champion de la cause pashtoune. Achakzaï est favorable à la création d’une province indépendante comprenant des zones de la province du Baloutchistan peuplée de pashtounes. Mengal ne s’y oppose pas car il est conscient que dans sa lutte contre le gouvernement fédéral il aura besoin des pashtounes.


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