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Du THKP-C à Devrimci Sol, de Devrimci Sol au DHKP-C (1996)



DU THKP-C AU DHKP-C

TIP (1963 - parti des travailleurs de Turquie)

FKF (fédération des clubs d’idées)

DEV-GENçLIK (jeunesse révolutionnaire)

THKP-C (1971-1972)

DEV-GENçLIK (1974-76)

DEVRIMCI YOL (1976-78-80, chemin révolutionnaire)

DEVRIMCI SOL (1978-1994, gauche révolutionnaire)

DHKP-C (1994)

Du THKP-C à Devrimci Sol, de Devrimci Sol au DHKP-C(1996)

Nous vivons dans un pays où, vu les tactiques de l’oligarchie, la situation des masses populaires, les conditions internationales, et vu notre lutte, les développements peuvent très vite s’accélérer et amener des bouleversements.

Nous faisons dans ce pays avancer la révolution, et menons la stratégie révolutionnaire.

Ni pour la contre-révolution, ni pour la révolution, le jour qui vient n’est pareil à celui d’hier.

Il n’y a pas de répétitions.

Notre travail, notre énergie et notre attention se portent ainsi chaque jour à orienter notre parti et notre front, afin de progresser.

Il est clair qu’on ne peut pas y arriver en répétant le passé, en s’orientant par rapport aux formes de luttes, aux tactiques et aux formes d’organisation du passé.

L’histoire du mouvement révolutionnaire commence à la fin des années 60.

C’est en ces années que le THKP-C (Parti / Front Populaire de LIbération de la Turquie) commence à prendre forme.

L’histoire de l’adaptation de la théorie marxiste-léniniste aux conditions concrètes de notre pays est riche.

Jusqu’à aujourd’hui il existe de nombreuses orientations.

Et naturellement les différentes formes d’organisation et des luttes ne se répètent pas.

Sans ce processus de compréhension des tactiques proposées et utilisées, des formes d’organisation employées, on ne peut pas connaître notre histoire et la particularité de notre mouvement révolutionnaire.

Il est important de connaître cela, ce qui ne signifie pas qu’il faille répéter schématiquement ce qui a été fait !

Il n’est en effet pas possible, en ce qui concerne une stratégie révolutionnaire, même dans les situations les plus générales, d’utiliser des " modèles ".

Cela est valable pour le travail régional, le travail dans les quartiers, comme pour les tactiques actuelles.

Quelqu’un qui utiliserait des " recettes miracles " dans le domaine tactique et politique est voué à l’échec.

Dans cette perspective est fondamentale l’étude de notre histoire, la connaissance de notre richesse, et le jugement critique des différences entre le passé et aujourd’hui.

Partant de là il est essentiel de s’attacher aux choses concrètes, et de toujours relier les questions avec les nécessités d’aujourd’hui, les développements de nouvelles formes, voies et méthodes dont a besoin dans la situation actuelle.

Le processus qui va du THKP-C à Devrimci Sol (Gauche Révolutionnaire), et de Devrimci Sol au DHKP-C, est une expérience riche dans ce domaine.

La date de fondation de notre parti, le DHKP, est le 30 mars 1994.

Mais notre parti n’est pas vraiment " nouveau " dans l’arène politique. Il est dans la continuité de la lutte, et se rattache à la tradition des 16 années de lutte de Devrimci Sol. C’est dans le DHKP-C que les traditions et les expériences de Devrimci Sol sont amenées à un nouvel échelon.

L’histoire de Devrimci Sol, organisation fondée en 1978, est d’ailleurs elle-même issue de l’héritage du Parti/Front (du THKP-C) et de la lutte pour la reformation du Parti à partir de 1973.

A l’origine de ce processus il y a le THKP-C.

Malgré quelques interruptions, il existe une continuité politique qui va jusqu’à aujourd’hui.

Une continuité qui n’est pas abstraite, mécanique, mais bien au contraire une continuité vivante, fondée sur la pratique, sur la théorie, et la dynamique entre les deux.

C’est pourquoi chaque pas idéologique, organisationnel et militaire a rapproché notre pays de la révolution.

Est ici fondamental la conception du marxisme-léninisme de Mahir Cayan, pour qui dans la lutte pour la révolution le marxisme-léninisme n’est pas un dogme mais une stratégie.

C’est un point qui différencie cette tradition révolutionnaire, du THKP-C au DHKP-C en passant par Devrimci Sol, des tendances révisionnistes abandonnant le terrain de la lutte révolutionnaire.

Depuis la mort de Mahir Cayan au combat (le 30 mars 1972), ses camarades n’ont pas cessé de suivre cette ligne.

Une ligne qui travaille pour la révolution, qui apprend dans la révolution, qui s’oriente par rapport à la pratique, à la grande différences du reste de la gauche.

Mahir Cayan - La révolution ininterrompue (1971)

Un chaos théorique règne sur la gauche de notre pays.

A tel point qu’existent des fractions opportunistes diverses dont l’origine réside dans les mêmes thèses révisionnistes qu’elles lancent sur le marché, dans des emballages différents, et qui, au lieu de compter sur leurs propres forces, comptent sur d’autres, tout en se reprochant les unes les autres d’être des opportunistes, des révisionnistes, des traîtres, etc.

Elles jettent le trouble à cause de différences d’analyses ou de notions qui n’ont aucune valeur, même à propos de leurs propres divergences tactiques.

Entre les opinions impertinentes des petits-bourgeois aux grandes gueules et celles des Messieurs je sais tout, qui répètent toujours : " nous connaissons les temps passés, nous savons ", une querelle se développe depuis quelques années à propos de soi-disantes polémiques idéologiques qui ne sont rien d’autre que des nuages de poussière.

Le niveau idéologique de la gauche n’est pas très élevé parce qu’il n’existe pas de fort mouvement prolétarien dans notre pays.

Pour cette raison, il est difficile de séparer le vrai du faux, tout est entremêlé. Et dans cette situation où la substance de la théorie révolutionnaire marxiste-léniniste a été abandonnée, les " théories révolutionnaires " originales de diverses sortes d’opportunismes sont mises sur le marché au nom de Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao et Ho Chi Mînh.

Tandis qu’une variété d’opportunisme s’appuie sur les oeuvres de Lénine pour reprocher la trahison d’une partie, une autre s’appuie sur les oeuvres de Lin Piao et de Mao pour accuser la première de révisionnisme.

" Le marxisme est une doctrine très détaillée et très complexe ".

Le marxisme est une doctrine qui s’approfondit, s’enrichit et s’anticipe continuellement selon les situations de la vie. Dans le marxisme, ce n’est pas la forme qui est importante, mais le contenu.

La seule chose qui ne change pas, selon les propres mots de Lénine, c’est son esprit vivant : la méthode dialectique.

Si l’on ne tient pas compte des deux facteurs élémentaires de la dialectique, le temps et le lieu, il est possible de traiter tous les révolutionnaires prolétariens de la troisième période de crise de l’impérialisme de révisionnistes, Lénine après Marx et Engels, Mao-Tsé-Toung après Lénine et Staline, et tous ceux qui suivent Mao.

L’opportunisme applique toujours deux méthodes pour déformer le socialisme scientifique :

o Soit il ne tient pas compte des notions de temps et de lieu, et alors il se fixe aux thèses lancées par les maîtres du marxisme dans d’autres conditions historiques aujourd’hui modifiées.

Ce qui est une tentative d’utilisation de ces thèses pour soutenir la déviation.

o Soit il proclame les thèses marxistes-léninistes valables universellement comme vieillies en disant : " les temps et les situations ont changé, et ces thèses ne sont plus valables ".

Et ainsi il révise le marxisme.

Comme dans d’autres pays, chaque type d’opportunisme essaie d’embrouiller les militants révolutionnaires par ces deux méthodes et par la déformation du marxisme-léninisme.

Lorsque nous avons écrit cette brochure, nous nous sommes particulièrement intéressés à ce fait.

Nous avons essayé de décrire notre idée de la révolution, ainsi que notre conception du type d’organisation et de travail, de façon à tracer une voie à prendre pour la théorie révolutionnaire marxiste et pour son enrichissement.

En faisant l’analyse du socialisme scientifique, on ne passe pas généralement pas de l’abstrait au concret, mais des analyses concrètes aux analyses abstraites.

Mais la gauche de notre pays représente un cas exceptionnel.

Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, on a perdu de vue la substance de la doctrine à cause du chaos théorique interne de la gauche. C’est pourquoi nous avons décidé depuis le début de prendre en main le problème de cette façon : en partant de l’abstrait, on approfondit mieux le problème, et avec le temps on arrive au concret.

Ainsi nous allons une fois encore expliquer la théorie de la révolution marxiste, qui a perdu sa substance dans une querelle aveugle, pour ensuite éviter qu’une quelconque sorte d’opportunisme ne trouble nos amis militants à travers leurs polémiques soi-disantes idéologiques.

(Il est sans doute impossible d’éviter absolument les déviations opportunistes. Mais il est possible d’exposer le problème clairement et ouvertement, et cela évite la plupart des déviations opportunistes).

C’est justement pour ces raisons que nous avons suivi une méthode consistant à passer de l’abstrait au concret dans nos analyses.

(...) Le troisième chapitre décrit les caractéristiques de la troisième période de crise de l’impérialisme ; l’enrichissement et l’approfondissement du léninisme dans les nouvelles conditions ; la stratégie révolutionnaire dans les pays semi-colonisés ; les commentaires révolutionnaires et révisionnistes de la révolution cubaine et la voie révolutionnaire en Turquie (...).

Notre but stratégique est la révolution anti-impérialiste et anti-oligarchique

Jusqu’à aujourd’hui la stratégie a toujours été mal comprise dans la gauche turque ; le but stratégique et le plan stratégique étaient confondus avec la stratégie même.

On sait que le but stratégique est la plateforme des résolutions idéologiques, politiques, sociales et économiques sur les contradictions fondamentales entre les forces productives et les rapports de production.

Parce que le capitalisme monopoliste ne s’est pas développé dans notre pays par sa propre dynamique interne et aussi parce que la bourgeoisie monopoliste autochtone est née dans la fusion avec l’impérialisme, notre but stratégique est la révolution anti-impérialiste et anti-oligarchique.

(Le concept de révolution anti-impérialiste et anti-oligarchique ne se distingue guère de la Révolution Nationale Démocratique dans les termes. Mais elle détermine un contenu essentiellement plus profond et une qualité différente.

Parce que cette notion désigne la forme d’occupation impérialiste de la troisième crise impérialiste, elle est donc plus adéquate.

La notion de Révolution Nationale Démocratique caractérise généralement la période durant laquelle les anciennes méthodes d’exploitation impérialiste s’exerçaient).

Avant la seconde guerre de partage [la seconde guerre mondiale], le féodalisme était représenté par la classe dominante des pays arriérés abandonnés par les partenaires de l’alliance impérialiste, comme conséquence aux méthodes d’exploitation modernes.

(La bourgeoisie moderne n’est rien d’autre que le prolongement de l’impérialisme).

Comme on l’a déjà montré dans la deuxième partie, le contrôle et la présence pratique de l’impérialisme était généralement confiné aux territoires maritimes, aux ports, aux endroits stratégiques et aux centres de communication principaux.

L’autorité centrale était très faible, les trois quart du pays et de la population étaient sous le contrôle de petites villes féodales rivales entre elles.

Le capitalisme n’étant pas prédominant, l’urbanisation, les transports et les communications n’étaient pas très développés.

L’impérialisme était pour le pays un symptôme externe et le processus social était féodal.

C’est pourquoi la contradiction principale s’établissait entre les régions féodales faibles, qui contrôlaient les trois-quart du pays et de la population, et les paysans qui vivaient une situation de semi-servage.

La conscience révolutionnaire prolétarienne se développait dans une phase où des luttes et des insurrections paysannes spontanées (luttes démocratiques) étaient organisées par le parti prolétarien ; dans la phase où, sous la direction du parti prolétarien, l’armée paysanne libérait certains territoires et les plaçait sous contrôle, le pouvoir de la faible autorité féodale régionale commençait à se briser ; dans cette phase l’impérialisme occupait entièrement le pays afin de protéger ses intérêts.

La contradiction principale opposait à cette époque l’impérialisme à la nation entière, mise à part une poignée de traîtres.

Alors que d’une guerre civile (lutte nationale) la guerre se mène sous un mot d’ordre et une base de lutte de classe, en phase de guerre nationale révolutionnaire la guerre se déroule sous un mot un d’ordre et une base nationale.

Cependant, dans la troisième période de crise impérialiste, le processus social n’est pas féodal dans des pays comme le nôtre.

Et l’impérialisme n’est plus un symptôme externe. Le fait que les rapports de production impérialistes aient imprégné totalement le pays a amené en même temps l’impérialisme à devenir interne.

Les autorités régionales faibles ont fait place à l’Etat oligarchique en même temps qu’à l’impérialisme.

Aussi l’impérialisme mène-t-il, dans ces pays, toutes sortes d’interventions, quand il le juge nécessaire, depuis la succession au pouvoir des diverses fractions de l’oligarchie jusqu’à la direction de la politique de répression exercée contre le peuple, à l’aide d’organisations comme la CIA, le FBI et d’autres.

De plus, dans cette époque de force de frappe nucléaire, le contrôle impérialiste sur ces pays n’est plus seulement économique mais aussi politique et militaire.

Par exemple, en Turquie (qui fait partie de l’OTAN), l’impérialisme américain a créé une véritable hégémonie, du contrôle de la direction du diktat oligarchique jusqu’à l’économie du pays (la mentalité de l’occupation masquée).

C’est pourquoi il est pratiquement impossible de séparer par une ligne stricte les classes dominantes de notre pays et l’impérialisme américain.

Dans notre pays la contradiction principale se situe entre l’oligarchie et le peuple (dans la pratique la contradiction se place entre les avant-gardes révolutionnaires du peuple et l’oligarchie).

Comme l’impérialisme prend directement place au sein de l’oligarchie, la guerre révolutionnaire ne sera pas uniquement menée à un niveau de classe.

La guerre va se dérouler au niveau national et au niveau de classe.

Le point de vue de classe va sans doute dominer jusqu’à ce que la force militaire de l’appareil d’Etat oligarchique ne suffise plus et que les armées américaines prennent ouvertement part à la guerre.

Les révisionnistes et les pacifistes de notre pays ont perdu de vue les changements survenus aux méthodes d’exploitation après la seconde guerre de partage [seconde guerre mondiale], donc aussi la mentalité d’occupation économique, politique, idéologique et militaire masquée.

Comme les révolutionnaires des pays arriérés, à l’époque où dominait l’ancienne méthode d’exploitation, ils voient l’impérialisme comme un symptôme externe et séparent l’impérialisme des classes dominantes par une ligne stricte.

Que ce soient alors tels opportunistes qui déterminent la contradiction principale entre la féodalité et les paysans, ou tels opportunistes qui la placent entre la bourgeoisie monopoliste autochtone et les masses laborieuses, ils apportent tous de l’eau au moulin des impérialistes américains.

Les occupants américains eux-mêmes offrent toutes leurs forces et emploient toutes les méthodes de pointe possibles pour maintenir leur occupation voilée.

Cette détermination tout à fait différente (de la véritable contradiction principale) n’est qu’un soutien de " gauche " aux efforts de l’impérialisme américain dans cette direction.

Ce problème ne peut être résolu par la détermination du but stratégique.

Le but stratégique détermine la direction principale pour la révolution.

Et ainsi seulement une partie du plan stratégique.

C’est pourquoi le problème de l’établissement juste des buts stratégiques n’est pas clos ; les avant-gardes principales et les forces de réserve doivent aussi être déterminées correctement.

Notre révolution parviendra à la victoire par la guerre populaire.

Mais comme nous l’avons déjà dit, la guerre populaire passera par la phase de guerre d’avant-garde à cause de la situation historique et des spécificités de notre pays.

Avec l’appui de la stratégie militaire politisée de combat, la voie révolutionnaire va suivre la ligne suivante :

o 1er niveau : création de la guérilla urbaine

o 2ème niveau : extension de la guérilla urbaine, création de la guérilla rurale, démonstration de force.

Dans ces deux niveaux la recherche d’affaiblissement par la guerre psychologique sera un facteur dominant.

o 3ème niveau : propagation de la guérilla urbaine, développement de la guérilla rurale.

o 4ème niveau : propagation de la guérilla rurale.

Pourquoi débuter par la guérilla urbaine ? Il y a deux types de raisons.

A)Raisons objectives

a-les conditions d’introduction d’une organisation combattante dans les villes sont plus favorables, parce que dès le début les villes ont cet avantage par rapport aux campagnes de meilleurs possibilités de propagande et de publicité,

b-même si c’était dans uns sens petit-bourgeois, le mouvement révolutionnaire violent mené par Dev Genç (Jeunesse Révolutionnaire) dans les villes et les actions de masse ont préparé le terrain pour l’acceptation d’actions armées plus dures et de niveau plus élevé.

B)Raisons subjectives

Nous étions pauvres au niveau des conditions matérielles et spirituelles préalables, tels que l’expérience, l’équipement et le matériel de guerre.

Cela s’explique par notre mauvais travail en temps de préparation de la propagande armée et par notre retard à avoir pris les armes.

Ces causes objectives et subjectives ont motivé notre parti à commencer la guerre de guérilla par la guérilla urbaine.

A partir de maintenant, notre parti va suivre cette voie prédéterminée (après une longue période d’inactivité).

Conformément à la stratégie militaire politisée de combat, nous pouvons classer ainsi les forces dirigeantes, forces principales et réserves de la révolution : la force dirigeante est le prolétariat.

Concernant le problème de la force dirigeante, notre parti a pris comme base la direction idéologique du prolétariat, parce qu’il est établi que la révolution sera victorieuse part la guerre populaire (l’originalité c’est que la région de base est le pays).

Au niveau de la guerre d’avant-garde, notre parti ne fait pas de différence entre quelqu’un qui vient ou non de la classe laborieuse.

Il est important que les combattants soient des révolutionnaires professionnels.

Plus la guerre s’étend, plus il faut veiller à ce que les travailleurs, parmi lesquels se trouvent les couches dirigeantes, dominent.

La forçe principale est constituée des paysans (tous les éléments ruraux, à part les résidus féodaux et la bourgeoisie agraire).

Dans l’ordre : -le prolétariat de village ; -le semi-prolétariat de village ; -les paysans pauvres ; -les paysans moyens.

Bien sûr le prolétariat urbain fait aussi partie des forces principales de la révolution.

Mais leur détermination réside dans la phase d’extension de la révolution.

Et le dernier mot leur appartiendra : " de nouvelles forces vont en permanence se rallier à la lutte commencée par un petit noyau de combattants (avant-garde) ; les mouvements de masse prennent forme ; l’ordre ancien commence à vaciller, il se brise ; et vient alors la phase dans laquelle la classe ouvrière et les masses citadines décident du sort de la guerre " (Che Guevara).

Les réserves directes sont :

- le cercle kémaliste des intellectuels ;
- le bloc socialiste dans le monde ;
- les mouvements de libération nationale dans les pays colonisés, surtout au Proche-Orient. Les réserves indirectes sont :
- l’aile droit de la petite-bourgeoisie ;
- les pays démocratiques occidentaux et leur opinion publique.

Tant pour les réserves directes que pour les réserves indirectes, l’ordre change suivant la situation.

Le THKP-C et le DHKP-C : une continuité fondamentale (1996)

Ce qu’est et ce que n’est pas le THKP-C, c’est ce qui caractérisa le débat mené de 1974 à 1980.

C’est de là que vient le grand nombre de groupes qui s’affirmèrent comme la " suite logique " du THKP-C.

Un grand nombre qui n’existe aujourd’hui plus.

Cela parce que ces groupes se fondaient sur des déviations et des interprétations erronées.

Ainsi la déviation de gauche réduisait le THKP-C à une idéologie de combat, caricaturant ainsi la stratégie révolutionnaire.

La déviation de droite ne comptait elle que s’approprier sur le papier la stratégie du THKP-C, n’assumant aucune responsabilité au niveau de la pratique.

En détruisant ainsi par leurs interprétations erronées la véritable stratégie du THKP-C, ces groupes se sont auto-détruits, perdant toute validité historique, jusqu’à cesser d’exister.

Comprendre le THKP-C n’est pas possible de manière simplement subjective, ou en en reprenant la vocabulaire au mot près.

L’héritage du THKP-C n’est saisissable que dans la voie de la révolution.

C’est pourquoi les jeunes cadres de Devrimci Sol n’ont pas eu de difficultés à saisir le coeur de l’idéologie du THKP-C.

Le rapprochement, mieux, l’unité entre Devrimci Sol et ce qui a été le THKP-C, ne vient pas du fait que leurs idéologies et que leurs pratiques soient similaires.

Leur unité vient de ce qui s’exprime de leur idéologie, de leur pratique, de leur politique.

Et cela se démontre avec la responsabilité vis-à-vis de notre peuple, des peuples du monde, le sacrifice, la décision, la conscience de sa force et de la volonté à être prêt à sacrifier sa vie.

La période de transition entre capitalisme et communisme

Lénine, dans son ouvrage " L’Etat et la révolution ", met en avant la question de la transition du capitalisme au socialisme, suivant Marx et Engels.

Il considère trois périodes essentielles :

o la première consiste en la période en transformation politique du capitalisme en communisme o la seconde consiste en la structure économique et l’Etat durant la première période de communisme (le socialisme) o la troisième consiste en l’abolition progressive de l’Etat et la question de la base économique dans le communisme.

Lénine insiste sur le fait que la première période consiste essentiellement en une période de transition politique.

Ce que les socialistes utopistes et les opportunistes n’ont pas été capables de réaliser, était que la dictature étatique du prolétariat était nécessaire afin de briser la résistance de tous les exploiteurs.

Dans le passage intitulé " La transition du capitalisme au communisme " il nous cite Marx : " Entre la société capitaliste et la société communiste se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci.

A quoi correspond une période de transition politique où l’Etat ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat ".

Lénine nous dit alors qu’ " autrefois, la question se posait ainsi : le prolétariat doit, pour obtenir son affranchissement, renverser la bourgeoisie, conquérir le pouvoir politique, établir sa dictature révolutionnaire.

Maintenant, la question se pose un peu autrement : le passage de la société capitaliste, qui évolue vers le communisme, à la société communiste, est impossible sans une ’période de transition politique’, et l’Etat de cette période ne peut être que la dictature révolutionnaire du prolétariat " (L’Etat et la révolution).

Nous tenons à souligner deux points précis : la période de transition chez Marx et Lénine va jusqu’au communisme, et, secondement, le processus de transition a essentiellement un caractère politique.

Cette théorie a été démontrée de différentes manières, et a été enrichie par les pratiques de tous les pays socialistes(...).

Lénine traite de cette situation dans son article de 1918 quant aux " rapports économiques et politiques lors de la période de dictature du prolétariat " : " Théoriquement, l’existence d’une période de transition - entre capitalisme et communisme -qui posséderait des propriétés et des signes des deux formes socio-économiques, est hors de question. Cette période de transition sera une période de lutte entre le communisme venant de naître et le capitalisme en proie avec la mort. L’obligation de ce processus historique ayant un caractère temporaire doit être claire non seulement pour un marxiste, mais aussi pour quiconque connaît un minimum de la loi de l’évolution ".

Dans ce contexte, il est mis en avant que la transition au communisme n’est pas que politique, et porte en elle une dimension économique de la plus haute importance.

Lénine nous dit en effet que " le socialisme signifie l’abolition des classes.

Il est tout d’abord obligé de renverser les grands propriétaires et les capitalistes afin d’abolir les classes.

Une partie de nos tâches a alors été réalisé, mais il ne s’agit que d’une partie, et pas de la plus dure.

Le second pas nécessaire consiste en l’abolition de la différence entre paysan et ouvrier d’usine, de les changer tous en travailleurs.

Cela ne peut pas être résolu de manière soudaine.

C’est une tâche plus dure que la première, et elle sera effectuée sur le long terme.

Cela ne peut pas être résolu par le renversement d’une classe.

Cela ne peut être résolu que par la réorganisation de tout le système socio-économique, et le passage de la petite production résiduelle à la large production sociale.

Cette période de transition sera inévitablement longue".

Le processus de transition entre capitalisme et communisme en Union Soviétique (DHKC-1996)

Lorsque les Bolcheviks ont pris le pouvoir en Novembre 1917, ils ne savaient pas comment établir le socialisme.

Il était évident que gérer l’établissement du socialisme ne se ferait pas sans une série d’expériences.

Les paroles de Lénine (mai 1918) expliquent cette situation :

" Tout ce que nous savons, la seule définition absolue faite par les experts les plus compétents du développement de la société capitaliste, et les plus grands penseurs anticipant le capitalisme, consistait en cela : la transition était inévitable historiquement et était obligé de suivre une voie générale précise ; la propriété privée des moyens de production était amenée par la course de l’histoire, serait dissoute, et la propriété de l’exploiteur serait prise un jour.

Cela était déterminé d’une exactitude scientifique, et nous savions cela lorsque nous avons porté le drapeau socialiste, fondé le parti socialiste et changé la société.

Nous savions cela lorsque nous avons pris le pouvoir dans une perspective de réorganisation socialiste.

Mais nous ne connaissions pas les formes concrètes de la transition ou la vitesse de la réorganisation " (socialisme utopique et socialisme scientifique).

Pour cette raison, après que les Bolcheviks aient pris le pouvoir, beaucoup de politiques de droite et de " gauches " se développèrent jusqu’à l’établissement du socialisme.

Jusqu’à la NEP (nouvelle politique économique) qui commença en 1921, il y avait deux déviations principales dans le parti bolchevik.

La première répudiait à la base le rôle d’avant-garde du parti.

C’était la déviation de droite qui considérait que le socialisme pourrait être instauré d’un coup et que l’épicentre de l’économie avait été transféré aux syndicats depuis la prise du pouvoir.

La seconde déviation était formée de la tendance de "gauche", défendue par Trotsky et Boukarine.

Leur proposition consistait en une industrialisation rapide grâce à un travail militarisé.

Ces idées furent rejetées par Lénine et les Bolcheviks.

Le plan de Lénine pour établir le socialisme était différent(...).

Selon Lénine " l’unique ennemi du socialisme [en Russie] est la situation économique petite-bourgeoise et l’élément petit-bourgeois ", c’est pourquoi le capitalisme d’Etat était le seul moyen de dépasser l’économie petite-bourgeoise.

Le programme de Lénine, consistant en une transition au socialisme par un capitalisme d’Etat sous la dictature du prolétariat - ce qu’il voyait comme une solution au problème - ne sera matérialisé qu’en 1921 (...).

La NEP (nouvelle politique économique) était considéré comme un " retrait " tactique par les opportunistes dans les années 20 (et c’est encore valable aujourd’hui).

C’est faux : si la NEP est un recul par rapport au programme de construction du socialisme, elle est intégrée dans une transition au socialisme par le capitalisme d’Etat et la liberté du commerce.

La NEP était la conséquence des conditions économiques concrètes de l’Union Soviétique, et cela Lénine l’avait compris dès 1918.

Nous devons ainsi voir la NEP comme un processus de transition du capitalisme au socialisme, comme une lutte en Union Soviétique, et non pas comme un " recul " général (...).

Lénine fit remarquer que le capitalisme d’Etat était nécessaire pour la préparation des bases objectives du socialisme, et que les travailleurs apprennent de la bourgeoisie l’industrialisation.

C’est pourquoi le capitalisme d’Etat était un bloc contre les petits-paysans.

Dans cette perspective il proposa l’organisation des petits-paysans en co-opératives, et l’application du capitalisme des coopératives au lieu du capitalisme des petits-paysans.

" Contrairement au capitalisme privé, le capitalisme des coopératives sous direction soviétique est une forme de capitalisme d’Etat et est ainsi utile dans certains aspects pour les temps présents.

Depuis la tâche essentielle (qui reste après que la taxe soit prise) signifie la vente libre des produits, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour mobiliser ce développement du capitalisme - parce que les marchés libres signifient le développement du capitalisme " (le prolétariat et les paysans).

Ainsi la NEP doit développer le capitalisme d’Etat, qui est une manière d’établir les bases objectives du socialisme et d’amener les travailleurs en direction de l’industrie (...).

Pour Lénine, le capitalisme d’Etat sous direction de l’Etat prolétarien dans un pays comme la Russie où les forces productives étaient sous-développées était l’unique forme à même d’assurer une transition au socialisme (...).

Nous allons [maintenant] parier de la pensée de " gauche " trotskyste, qui affirma en 1924 l’impossibilité d’établir le socialisme en Russie sans une révolution mondiale.

Nous allons tenter d’aller de l’avant dans la compréhension de ce gauchisme avec la question de rétablissement du socialisme.

L’idée du trotskysme, puis par la suite du groupe de " gauche " Trotsky-Kamenev-Zinoviev, qui est connue sous le nom d’" opposition unifiée ", était fondée sur l’industrialisation rapide avant que les rapports de production socialistes soient établies dans les zones agraires.

Si cette voie était prise, l’industrialisation rapide serait matérialisée par l’exploitation des paysans.

Cela reposerait sur le modèle de " l’accumulation socialiste primitive " de Preobrajensky (fameux économiste de l’opposition de gauche), qui se base sur l’expropriation des produits agricoles, la taxe des salaires agricoles et l’écrasement des paysans comme durant le développement du capitalisme.

Ce serait la fin du pouvoir socialiste (...).

Le groupe de "gauche" Trotsky-Kamenev-Zinoviev ne croyait pas que la paysannerie puisse être gagnée en faveur du socialisme, et que les rapports socialistes de production puissent être établies dans les zones agraires.

Cela signifiait marcher sur un seul pied [avec le prolétariat, sans la paysannerie], et commencer rapidement l’industrialisation.

" Que se serait-il passé si nous avions commencé à attaquer la production des Koulaks (les grands propriétaires terriens - paysans riches) avant que nous possédions la possibilité d’établir une production fondée sur les Kolkhozes et les Sovkhozes ?

Notre attaque aurait failli, notre faiblesse aurait été prouvée. Nous aurions laissé les paysans " moyens " dans les mains des Koulaks, nous aurions bloquer l’établissement du socialisme et vécu dans la famine " (Staline, La grande crise du capitalisme et l’économie soviétique, 1929).

Problèmes de la construction du socialisme et de la phase de transition au communisme en Union Soviétique (1996)

Avec l’offensive de 1928 sur la bourgeoisie, les rapports bourgeois furent abolis à la campagne et dans les villes.

Ceci ne fut évidemment pas fait en un an ; l’année 1928 est un début et en peu d’années les rapports socialistes de production étaient en harmonie complète avec les forces de production.

La construction du socialisme commençait.

L’établissement des rapports socialistes de production n’était pas que le résultat des conditions internes, les conditions extérieures jouèrent un rôle aussi.

La révolution attendue n’ayant pas eu lieu, l’Union Soviétique se voyait forcé d’établir et construire le socialisme à une grande vitesse.

Le fait que le système capitaliste était en crise dans le monde entier la même année a permis au socialisme de " gagner du temps ".

Ainsi, comme Staline l’a dit, où ils faisaient en 10 ans ce pour quoi il aurait fallu 100 ans, où ils périraient (...).

Staline dit ainsi [en 1939] qu’en cette période la victoire finale du socialisme était achevé, que le passage à la première période du communisme était achevé et que le prochain objectif était de passer à la phase supérieure du communisme, et il voyait l’Etat, comme il le dit, comme un Etat de la première période du communisme, comme " un Etat tendant à disparaître, mais qui ne commence pas à disparaître et, au contraire, devient plus fort à cause du siège capitaliste ".

Il est évident que " l’Etat " dont parle Staline n’est pas, dans le sens général, la dictature du prolétariat (...).

Les commentaires de Staline sont-ils corrects ?

Si le passage à la première phase du communisme était complété, ou si les commentaires étaient fait d’un point de vue général et " théorique ", cela serait sans nui doute correct.

Mais, l’Union Soviétique n’avait pas atteint la première phase du communisme (...).

La base de l’erreur de Staline tient à ce qu’il pensait que le socialisme avait atteint la première période du communisme.

Sur cette base, l’Etat était également évalué comme Etat de la première période du communisme.

L’erreur de Staline devint plus tard la source principale du révisionnisme ; les concepts d’ " Etat du peuple entier ", de " démocratie sans dictature ", se fondaient sur l’erreur de Staline (...).

En fait, jusqu’à la première période du communisme ou, plus précisément, tant que l’impérialisme continue d’exister comme menace mondiale, l’Etat ne doit pas être un " Etat des ouvriers et des paysans ", mais une dictature du prolétariat(...).

L’Etat ne peut perdre sa fonction d’" Etat politique " et commencer à disparaître que si le prolétariat commence à s’abolir lui-même en tant que classe, et c’est un processus qui commence après que les autres couches sociales et classes autres que le prolétariat soient devenues prolétaires (...).

Staline mit en avant trois conditions fondamentales pour la transition au communisme :

1. "D’abord le développement de la production sociale doit être assuré, non pas par une ’organisation rationnelle’ fictive des forces de production, mais en donnant priorité à la production de biens-

2. Deuxièmement, en stages graduels, le kolkhoze doit devenir profitable et finalement amener des profits à toute la société et, également en stages graduels, un système d’échange de produits doit remplacer la circulation d’articles, afin que le pouvoir central ou toute organisation économique centrale puisse utiliser ces produits au bénéfice de toute la société-

3. Troisièmement, un développement social et culturel doit suivre, permettant à tous les membres de la société de développer dans tous les domaines leurs facultés physiques et mentales " (Staline, derniers écrits).

Staline avait bien vu que les rapports de production pourraient devenir un sérieux obstacle aux forces de production si " une politique incorrecte était mise en oeuvre ", et en ce sens il était averti du danger.

Mais son erreur était de penser que là où la politique juste était appliquée " il serait facile d’avoir affaire aux forces de la négligence ".

Dans les conditions existantes une politique correcte assurerait la victoire, mais cela ne veut pas dire que les forces qui ont intérêt à la continuation des structures existantes seraient " facile à traiter ".

Malgré que dans les années 1950 Staline soit averti du danger de la déviation de droite, et voyait que la voie des rapports de production pouvait devenir un obstacle aux forces productives, il se trompa en ne voyant pas que les " trois conditions " ne pourraient être réalisées que par une " révolution " (...).

Défendre Staline ne veut pas dire ignorer ses erreurs.

C’est également ce qu’a fait Mao.

Les thèses de Mao sur la période de transition montre les erreurs de Staline et complète ses thèses.

En ce sens il est intéressant de citer les thèses de Mao : " La transition au communisme ne consiste évidemment pas en le renversement d’une classe par une autre.

Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de révolution sociale, parce que le remplacement d’un type de rapports de production par un autre est un saut qualitatif, une révolution".

Ce sont les forces sociales et politiques qui refusaient le changement des relations de production et de la superstructure qui ont amené au pouvoir le révisionnisme en Union Soviétique.

Le révisionnisme n’est pas un phénomène subjectif, qui serait apparu subjectivement au Xxème congrès du PCUS avec Kroutchev.

Comme nous l’avons déjà vu, alors que les rapports de production et la superstructure étaient devenus des obstacles au développement, le socialisme était atteint en Union Soviétique au milieu des années 50.

A ce moment-là, ou alors une " révolution " commençait dans la superstructure et continuait la transformation des rapports de production, clarifiant la voie pour les forces productives et amenant au premier stade du communisme, ou alors tout resterait coincé.

Le fait que le PCUS n’ait pas évalué la situation et commencé une révolution a aidé les forces sociales et politiques qui avaient intérêt au status quo et à la préservation des structures existantes à assurer leur domination sur le parti et la superstructure.

Au même moment, le révisionnisme gagna en force en mettant en oeuvre une politique de collaboration avec l’impérialisme.

On en serait peut-être pas arrivé à cette situation.

Le problème était, comme Staline l’a montré, d’amener des possibilités à l’état de réalité.

Cela n’a pas été fait.

Cela aurait été possible en gagnant les paysans des kolkhozes et les intellectuels, en reliant les travailleurs de l’industrie et ceux des sovkhozes, et en éliminant les forces formant un obstacle au développement dans la superstructure, ainsi que dans la structure sociale.

Quoiqu’il en soit, l’incapacité à voir que la transition du socialisme au premier stade de communisme n’était possible que par une " révolution " dans la superstructure et les rapports de production a amené les néo-boukarinistes, qui étaient en faveur d’une préservation des structures existantes, à gagner le contrôle du parti et de la superstructure.

De la même manière que selon la théorie de Boukarine le socialisme arriverait spontanément, les révisionnistes exposèrent la théorie qu’un développement spontané des forces productives assurerait la transition à un stade plus haut du communisme.

En réalité, un tel développement ne pouvait à terme que pousser l’économie et la superstructure à la crise, et préparer le terrain à une restauration capitaliste.

C’est la raison pour laquelle dans le socialisme d’aujourd’hui le niveau de développement ne représente pas un obstacle objectif à rétablissement de rapports capitalistes.

Entre le féodalisme et le capitalisme, le niveau des forces productives bloque objectivement la transformation du capitalisme en féodalisme.

Mais, lorsque le socialisme n’est pas en train de se mouvoir d’un niveau primitif de communisme à un niveau supérieur, il n’y a pas de tel obstacle objectif.

Ainsi, à travers la période de transition, si l’importance déterminante de la superstructure est ignorée, si le développement du socialisme est laissé à la spontanéité, si le développement vers le communisme n’est pas assuré par des " révolutions " dans la superstructure et les rapports de production, il y a en soi le danger de restauration capitaliste.

L’internationalisme (DHKC-1996)

Pour ne pas faire courir de risque à leur statu-quo interne, les gouvernements révisionnistes de l’Union Soviétique et des pays comparables ont combattu les processus révolutionnaires se déroulant dans les autres pays au fur et à mesure que la crise de l’Impérialisme s’aggravait et que ce dernier les attirait dans la phobie de la guerre nucléaire.

Ils ignorèrent et isolèrent les pays qu’ils ne pouvaient pas influencer.

Ils firent ainsi en sorte que le blocus impérialiste soit partout plus puissant.

Leur peur et leur disponibilité au compromis conduisit à ce qu’ils trahissent toujours davantage, jusqu’à la capitulation totale devant les coups de l’Impérialisme, qui finirent par les anéantir.

Ces pays en vinrent, à l’époque de la Guerre du Golfe, non seulement à ne pas prendre position aux côtés des peuples qui, dans un mouvement historique de solidarité, s’opposèrent à l’agression impérialiste, mais encore à soutenir le " nouvel ordre mondial " impérialiste qui répandait massacres et pillage sur les peuples du Moyen-Orient.

Le front révisionniste porte une responsabilité principale dans les massacres causés par les milliers de tonnes de bombes tombées dans cette région.

Leur trahison envers les peuples du monde est devenue évidente.

Il y eut bien sûr, aux côtés d’exemples négatifs, de nombreux moments positifs dans la lutte pleine de dignité des peuples opprimés et du prolétariat mondial, sur le terrain de l’internationalisme.

Le plus important, c’est d’analyser correctement cette histoire et d’ajouter de nouveaux exemples positifs.

La personnalité révolutionnaire du Che nous offre le meilleur exemple d’internationalisme prolétarien : " Je laisse derrière moi ici mes rêves créateurs les plus naïfs, rêves qui concernent ceux que j’aime et mon peuple qui m’a adopté comme si j’étais l’un de ses fils.

Cela signifie pour moi d’arracher une part de mon âme.

Sur le nouveau terrain de lutte, j’emmènerai avec moi les convictions que tu m’as données, l’esprit révolutionnaire de mon peuple et la certitude qu’il n’y a pas de tâche plus noble à accomplir que de combattre l’Impérialisme, quel que soit l’endroit où je me trouve ".

C’est en ces mots que le Che prit congé de Cuba, du peuple et du dirigeant de ce pays pour la libération duquel il avait combattu.

Il fournissait ainsi un exemple nouveau de la tradition marxiste-léniniste de solidarité internationale des peuples travailleurs.

La Troisième Internationale fut fondée pour soutenir la révolution mondiale et les combats révolutionnaires dans chaque pays pris séparément.

Il s’agissait de conduire ces luttes à la victoire grâce à l’organisation internationale du prolétariat.

Elle soutint ainsi les républicains qui résistaient au fascisme franquiste, durant la guerre d’Espagne.

C’est un devoir fondamental pour les marxistes-léninistes, de soutenir, en plus des luttes de la classe ouvrière et des peuples opprimés, également les luttes des gouvernements et des classes qui affaiblissent directement l’Impérialisme.

C’est pourquoi les "Brigades Internationales" furent fondées par des communistes, hommes et femmes de différents pays.

Ils défendaient la fraternité des peuples en combattant ensemble le fascisme, aux côtés des républicains espagnols.

Grâce à leur esprit de sacrifice, les peuples opprimés et le prolétariat ont développé la tradition de l’internationalisme prolétarien en l’enrichissant d’exemples nombreux.

Les Cubains ont ainsi combattu pendant des années les visées expansionnistes des impérialistes boers sud-africains racistes en Angola.

De même, les révolutionnaires s’étaient mobilisés, durant la deuxième guerre de partage impérialiste, pour la défense de l’Union Soviétique, "Patrie du Socialisme".

Les dockers français refusèrent de charger les bateaux d’armes pour l’Indochine... sans parier du rôle joué par l’Armée Rouge pour porter la révolution dans les Balkans et en Europe de l’Est.

Voilà de nombreux exemples de solidarité internationale.

" ...Chaque victoire d’un pays sur l’Impérialisme est aussi une victoire pour nous.

Il en est de même pour les défaites.

L’Internationalisme du prolétariat n’est pas seulement une tâche à accomplir, c’est aussi un devoir des nations qui combattent pour un meilleur avenir" disait aussi le Che.

Mais la conscience internationaliste, qui avait atteint son point le plus élevé au cours des années 60, commença à s’effacer et à s’aliéner, des les années 70, sous l’influence du révisionnisme.

La question consistait à savoir, si chaque pays, qui s’efforce d’atteindre le socialisme par la révolution, prend également conscience du fait que la révolution mondiale du prolétariat est partie intégrante de sa propre révolution.

La position du DHKC est juste.

Elle " consiste, non à se fixer les objectifs d’une police des attitudes de gauche, mais à défendre les thèses universelles du marxisme-léninisme, avec l’objectif de rapports de solidarité internationale de tous les révolutionnaires,-y compris les basés qui ont déjà pris le pouvoir dans leur propre pays-sur les bases de la critique et de l’amitié.

Le point de départ de cette position consiste en notre volonté de réaliser la révolution dans notre pays et dans l’analyse marxiste-léniniste des conditions concrètes dans lesquelles nous agissons." (extrait de la résolution du Congrès du DHKC).

Le pragmatisme, une maladie mortelle pour l’Internationalisme

D’une manière tout à fait justifiée, le Parti Communiste de Chine a critiqué les thèses du XXème Congrès du P.C.U.S., parce qu’elles rejetaient l’internationalisme et adoptaient de ce fait une attitude d’indifférence vis-à-vis des révolutions.

Mais il ne conserva pas cette attitude juste jusqu’à en tirer toutes les conclusions et élabora la " théorie du Social Impérialisme ".

De ce fait, il adopta la position de principe selon laquelle " l’ennemi de mon ennemi est mon ami ".

Cette prise de position conduisit à dénaturer l’Internationalisme.

Il en résulta que l’un comprenait " blanc " quand l’autre disait " noir ".

Durant un période où l’adoption de positions communes face à l’Impérialisme aurait été de la plus haute importance, le manque de solidarité et de soutien conduisit le mouvement de libération nationale et sociale des peuples opprimés à des reculs.

L’espoir dans le socialisme reçut des coups. L’internationalisme repose sur l’égalité entre les peuples, la fraternité et la solidarité, le soutien sans condition aux luttes contre les dominants.

Il fut de plus en plus remplacé par le révisionnisme, l’opportunisme, le pragmatisme, le dogme du maintien du statu-quo et, de manière croissante, par la trahison.

Les politiques du P.C.U.S., celle du P.C.C. et celle du Parti du Travail d’Albanie consistèrent, jusque dans les années 80, à diviser les forces socialistes, à exciter les forces révolutionnaires les une contre les autres et à les rendre ennemies.

Ces politique n’hésitaient pas, pour satisfaire des intérêts économiques et politiques, à collaborer avec les Gouvernements impérialistes et fascistes.

Elles ont échoué.

Tout le comportement de ces pays relevait d’un pragmatisme timoré éloigné du marxisme léninisme.

Le révisionnisme du P.C.U.S. et le pragmatisme en politique extérieure qui en est la conséquence apparurent particulièrement clairs avec l’Afghanistan.

Ces révisionnistes, qui ignoraient de nombreuses luttes de libération nationale et sociale dans les pays néocoloniaux, quand ils ne tentaient pas de les museler, défendirent la " révolution par en haut " engagées par la junte afghane, qui ne s’appuyait nullement sur le peuple mais sur un groupe de bureaucrates militaires et civils.

Le fait de soutenir la révolution afghane exprimait la mise en oeuvre de conceptions révisionnistes qui ne sauraient se concilier avec l’Internationalisme révolutionnaire.

Il faut tirer les leçons de l’aventure afghane et montrer qu’il est important de repérer les buts que vise le soutien à une révolution : l’Internationalisme ou la diffusion de thèses révisionnistes dénaturées.





Sources : http://apa.online.free.fr/article.php3?id_article=539