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Les Kurdes. Approche historique et culturelle.

Les Kurdes. Approche historique et culturelle

(d’après InfoKurd)

HISTOIRE et GENERALITES

Les Kurdes sont un peuple indo-européen installé au Moyen-Orient depuis 10 000 ans avant Jésus-Christ. C’est l’un des plus anciens peuples de la Terre.

A l’Ouest les KUTI s’installèrent sur le mont Ararat (en kurde, AGIR : montagne du feu) et ses environs.

A l’Est, les KURTI se répandirent dans la région du mont Zagros, autour de la Mer Caspienne, des frontières de l’Inde et du Golf d’Oman.

Lorsque ces ancêtres des Kurdes s’installèrent progressivement sur le plateau iranien, ils y trouvèrent la grande civilisation des Sumériens.

La première grande nation kurde fut l’Empire Mède fondé en l’an 612 avant J.C. A l’époque, le Kurdistan (pays des Kurdes) s’étendit sur un territoire dont la superficie était le double de l’actuel Kurdistan : Mer Noire au nord, Mer Méditerranée à l’ouest, Afghanistan à l’est, et la Grande Arabie au sud. Les illustres empereurs Darius et Xerxès étaient kurdes. De même que Mithridate, Roi des Parthes. Au tout début de l’ère chrétienne, les 28 empereurs de la dynastie des Sassanides étaient des Mèdes, donc des Kurdes, et non des Persans (Iraniens). Et également kurde fut le fondateur de la dynastie Pehlevi des Chahs d’Iran.

Du fait que les Kurdes n’ont aucun droit culturel ni politique, les différents noms de leurs célèbres ancêtres sont méconnus du monde occidental, et beaucoup furent pris pour des Perses.

L’historien grec de l’antiquité, Xénophon, les appelait déjà les « Kardouques » C’est-à-dire le peuple qui ne se soumet pas et qui n’accepte pas la défaite.

Pourtant... Terre mythique s’il en est : savez-vous que c’est au sommet du Mont Ararat qu’a échoué l’Arche de Noé lors du déluge de l’Ancien Testament ? Que le prophète Abraham est né dans la ville d’Urfa, au Nord du Kurdistan ? Que la Princesse Néfertiti, fille du Pharaon Aménophis, était Kurde par sa mère ? Et surtout, la Tradition a situé le Jardin d’Eden, le Paradis Terrestre, au cœur même du Kurdistan !

Le Kurdistan est un vaste territoire d’une superficie de 500 000 Km² (grand comme la France). Il s’étend, en forme de croissant, entre la Mer Noire et les steppes de Mésopotamie d’une part, l’Anti-Taurus et le plateau Iranien d’autre part.

Les deux grands fleuves qui ont irrigué la Civilisation Babylonienne dans le bassin mésopotamien, le Tigre et l’Euphrate, prennent naissance sur les cimes du Kurdistan.

A l’époque d’Alexandre le Grand, on appelait ce pays Kurduwan qui deviendra plus tard Kurdistan.

Les Kurdes ont porté des noms différents le long de l’histoire, souvent d’après le nom des régions qu’ils habitaient. Mais ce fait n’est pas propre uniquement aux Kurdes : Dans l’antiquité, il n’y avait pas de Français, Anglais ou Allemands mais bien des Gaulois, Celtes et Germains.

DE L’ANTIQUITE AU PARTAGE DU KURDISTAN

Les Kurdes appartiennent à la famille des peuples dits iraniens. Leur origine est mal connue. Leur territoire est l’un des plus anciennement peuplés du monde. Aux temps protohistoriques, les Kurdes étaient cantonnés à l’ouest et au nord-ouest de l’actuel Iran. Une inscription sumérienne datée de deux mille ans avant JC signale déjà leur existence. Selon la thèse généralement admise par les historiens, ils seraient les descendants des Mèdes de l’antiquité qui, au VIIe siècle avant JC, fondèrent l’Empire mède. En l’an 612 avant JC, les Mèdes conquirent l’Assyrie puis, progressivement, étendirent leurs conquêtes à tout l’Iran et à l’Anatolie Centrale. La domination des Mèdes s’acheva vers le milieu du VIe siècle avant J.C.

Au fil des siècles, on assiste à une lente mais constante expansion territoriale des Kurdes vers le nord et vers l’ouest. Cette expansion se poursuivra jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Après avoir opposé, pendant plusieurs décennies, une forte résistance aux armées d’invasions arabo-musulmanes, les Kurdes seront dans leur immense majorité islamisés à la fin du VIIe siècle.

A la faveur de l’affaiblissement de l’autorité des califes musulmans, les Kurdes créent, vers le milieu du Xe siècle, de nombreuses principautés indépendantes dont quatre régneront sur la majeure partie du Kurdistan : au nord les Chaddadites (951-1174), à l’est les Hessenwahides (959-1015) et les Banou Annaz (990-1116) et à l’ouest les Merwanides (990-1096). Mais l’une d’entre elles, la dynastie Ayyubides (1169-1250), fondée par le prince kurde Saladin, s’illustre particulièrement et occupe le devant de la scène historique pendant près d’un siècle. Saladin, vainqueur de Richard Cœur de Lion et des croisés, conquirent Jérusalem et bâtit un vaste royaume comprenant le Kurdistan, l’Arménie, la Syrie, l’Egypte et le Yémen actuels. Son tombeau se trouve actuellement à Damas.

A partir du XIIIe siècle, le pays kurde subit les invasions mongoles qui vont dévaster sur leur passage et mettre ainsi fin à l’existence de ces principautés prospère. Ce n’est qu’un siècle plus tard que les principautés kurdes se reconstitueront à nouveau.

Au début du XVIe siècle le Kurdistan devient l’enjeu principal des rivalités entre les empires ottoman et perse, qui émergent en puissance. En 1514, lors de la bataille de Tchaldiran, les Kurdes s’allient à l’armée ottoman du sultan Selim contre le Shah de Perse Safavides pour défendre la religion sunnites. L’armée chiite du Shah est battue. Grâce à cet accord avec les Ottomans qui les laissent libres dans leurs affaires intérieures, les princes kurdes parviennent rapidement à consolider leurs principautés. Certaines d’entre elles, comme celles d’Ardelan et de Rewanduz sont dotées des attributs de l’indépendance : elles frappent leur monnaie et font dire la prière du vendredi à leur nom.

Mais cette alliance avec l’Empire ottoman marquera aussi la première division territoriale du Kurdistan. En effet, le traité de Kasri-Chirine signé en 1639, entre les deux empires musulmans rivaux, ottoman et perse, continuellement en guerre mais qui cherchent à devenir des Etats centralisés, légalise ce partage. Depuis ce traité, la frontière du Kurdistan d’Iran n’a pas subi de changements importants.

Hormis le cercle restreint de quelques intellectuels en avance sur leur époque, comme le poète national Ehmedê Khani qui dès le XVIIe siècle, réclamait un Etat kurde unifié, la notion d’Etat demeure étrangère à la population. En terre d’Islam, la conscience religieuse prime généralement sur la conscience nationale. Tant qu’ils n’auront pas été menacés dans leurs privilèges, les princes kurdes se contenteront d’administrer leur territoire. Ils se soulèveront et tenteront de créer un Kurdistan unifiés lorsque, au début du XIXe siècle, l’Empire ottoman s’ingérera dans leurs affaires et cherchera à mettre fin à leur autonomie. Tout le territoire kurde (à l’exception des provinces annexées à la Perse) passe la domination ottomane. La dernière principauté kurde indépendante, celle d’Ardalan, s’effondre en 1865.

Des guerres pour l’unification et l’indépendance du Kurdistan dureront tout au long du XIXe siècle sous la conduite des chefs traditionnels, souvent religieux : en 1806, la révolte d’Abdourrahman Pacha de Suleymanieh, en 1818, soulèvement des Bibas, en 1832, la révolte de Bédir Khan Bey, en 1853 et 1855 la révolte de Yezdan Sher, en 1880 la révolte du cheikh Obeïdoullah de Nehri. Elles seront suivies jusqu’à la Première Guerre mondiale de toute une série de révoltes sporadiques et régionales contre le pouvoir central, toutes durement réprimées.

A la fin du XIXe siècle, sous la houlette des intellectuelles kurdes de Constantinople, se dessine une phase moderne du mouvement national : la publication de livres et de revues amorce le renouveau culturel et politique tandis que se multiplient associations et sociétés de bienfaisance patriotiques tendant d’introduire la notion d’organisation, d’implanter un mouvement structuré dans la société.

La société kurde aborde la Première Guerre mondiale divisée, sans projet collectif pour son avenir. Tandis que les accords franco-britanniques de Sykes-Picot prévoient le démembrement de leur pays, les kurdes sont en conflit sur le devenir de la nation kurde. Les uns, se réclamant de l’idéologie "pan-islamiste" du Sultan, voient l’avenir du peuple kurde dans un statut d’autonomie culturelle et administrative dans le cadre de l’Empire ottoman. D’autres, se réclamant des principes de nationalités et des idéaux de la révolution française, combattant pour l’indépendance totale du Kurdistan.

Le clivage s’accentue au lendemain de al défaite ottomane face aux puissances alliées, en 1918. Les indépendantistes présidés par Chérif Pacha forment une délégation dépêchée à la conférence de Versailles pour présenter ’’les revendications de la nation kurde". Leur action contribuera à la prise en compte, par la communauté internationale, du fait national kurde. En effet, le traité international de Sèvres, conclut le 10 août 1920 entre les alliés et l’Empire ottoman, préconise, dans sa section III (article 62-64), la création sur une partie du territoire du Kurdistan d’un Etat kurde. Ce traité restera cependant lettre morte, le rapport de force sur le terrain empêchant son application.

L’aile traditionnelle, dominée notamment par les chefs religieux, bien implantée dans la société kurde, cherche à "éviter le péril chrétien à l’est et à l’ouest" et à créer dans les territoires musulmans libérés de l’occupation étrangère "un Etat des Turcs et des Kurdes". Une alliance d’autonomie est conclue avec le leader nationaliste turc Mustafa Kemal venu au Kurdistan chercher de l’aide auprès des chefs kurde pour libère l’Anatolie occupée. Les premières forces de la guerre d’indépendance de la Turquie proviennent des provinces kurdes.

Après la victoire, à la conférence de paix réunie à Lausanne, les délégués turcs ayant obtenu l’appui des chefs traditionnels affirmeront parler au nom des nations sœurs kurde et turque. Le 24 juillet 1923, un nouveau traité est signé entre le gouvernement kémaliste d’Ankara et les puissances alliés. Il rend caduc le traité de Sèvres et, sans apporter aucune garantie quant au respect des droits des Kurdes au nouvel Etat turc. Auparavant, par l’accord franco-turc du 20 octobre 1921, la France avait annexé à la Syrie, placée sous son mandat, les provinces kurdes de Djezireh et de Kurde Dagh. Le Kurdistan iranien, dont une bonne partie est contrôlée par le chef kurde Simko, vit à la même période un état quasi-dissidence par rapport au pouvoir central de Téhéran.

Le sort de la province kurde de Moussoul (englobant l’ensemble du territoire kurde en Irak), très riche en pétrole, restait encore en suspens. Les Turcs et les Britanniques la revendiquaient tandis que sa population, au cours d’une consultation organisée par la Société des Nation (la SDN), s’était prononcée, dans une proportion de 7/8 en faveur d’un Etat kurde indépendant. Arguant que l’Etat irakien ne saurait survivre sans les richesses agricoles et pétrolières de cette province, la Grande-Bretagne a fini par obtenir, le 16 décembre 1925, du Conseil de la SDN, l’annexion de ces territoires kurdes à l’Irak placé sous son mandat.

Ainsi, à la fin de 1925, le pays des Kurdes, connu depuis le XIIe siècle, sous le nom de Kurdistan se trouve partagé entre quatre Etats : La Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie.

RAPPELS CHRONOLOGIQUES

VIIe siècle avant JC Fondation de l’Empire mède dont les Kurdes sont descendants.

VIIe siècle Premier écrit en langue Kurde. Un court texte, en vers, évoque les exactions commises lors des invasions arabomusulmanes : destruction des temples de feu, persécution des fidèles du mazdéisme, religion pratiquée par les Kurdes depuis l’époque des Mèdes.

VIIe siècle Les kurdes sont convertis, dans leur grande majorité, à l’Islam.

Xe-XIIe siècle Emergence des principautés Kurdes indépendantes.

1169-1250 Fondée par le prince Saladin, la dynastie Kurde des Ayyubides règne sur la majeure partie du Moyen-Orient.

XIVe-XVe siècle Reconstitution des principautés Kurdes après les invasions mongoles qui ont tout dévasté sur leur passage.

1514 Alliance des princes Kurdes avec le sultan ottoman contre les Perses.

1596 Chéref Khan, prince de Bitlis, achève son Chéref-Nameh, premier ouvrage d’ensemble sur l’histoire Kurde.

1639 Premier partage territorial du Kurdistan entre l’Empire perse et l’Empire ottoman.

1695 Ehmedé Khani, né en 1651, poète et philosophe, appelle par le truchement de son chef d’oeuvre, Mem û Zîn, épopée nationale Kurde, à l’édification d’un état national unifié du Kurdistan.

XIXe siècle Ingérence du Sultan ottoman dans les affaires Kurdes. Menacés dans leurs prérogatives, les princes Kurdes se soulèvent.

1898 Parution du premier journal Kurde, Kurdistan, qui s’emploie à propager l’idée de la libération nationale Kurde.

30 octobre 1918 Amnistie de Mondros. Engagé aux cotés de l’Allemagne dans la Grande-guerre, l’Empire ottoman, vaincu, capitule devant les Alliés.

1919-1920 Première révolte Kurde contre l’occupation du Kurdistan méridional par les Britanniques. Conduit par Cheikh Mahmoud, ce mouvement vise à la création d’un "Kurdistan libre et uni".

10 août 1920 Le traité de Sèvres, conclu entre les puissances alliées et l’Empire ottoman, consacre le partage de l’Empire ottoman en créant trois nouveaux Etats : la Turquie, l’Irak et la Syrie.

Article 62 : Une Commission siègent à Constantinople, et composée de trois membres respectivement nommés par les Gouvernements britannique, français et italien, préparera, dans les six mois à dater de la mise en vigueur du présent Traité, l’autonomie locale pour les régions, où domine l’élément kurde, situées à l’Est de l’Euphrate, au Sud de la routière méridionale de l’Arménie, telle qu’elle pourra être déterminée ultérieurement, et au Nord de la frontière de la Turquie avec la Syrie et la Mésopotamie, conformément à la description donnée à l’article 27, II-2° et 3°. A défaut d’accord unanime sur quelque question, celle-ci sera référée par les membres de la Commission à leurs Gouvernements respectifs. Ce plan devra comporter des garanties complètes pour la protection des Assyra-Chaldéens et autres minorités ethniques ou religieuses dans l’intérieur de ces régions et, dans ce but, une commission comprenant des représentants britannique, français, italien, persan et kurde visitera les lieux pour examiner et décider quelles rectifications, s’il y à lieu, devraient être faites à la frontière de la Turquie là où, en vertu des dispositions du présent Traité, cette frontière coïncide avec celle de la Perse.

Article 63 : Le Gouvernement ottoman s’engage, dès à présent à accepter et à exécuter les décisions de l’une et de l’autre commissions prévues à l’article 62, dans les trois mois de la notification qui lui en sera faite.

Article 64 : Si, dans le délai d’un an à dater de la mise en vigueur du présent Traité, la population kurde, dans les régions visées à l’article 62, s’adresse au Conseil de la Société des Nations en démontant qu’une majorité de la population dans ces régions désire être indépendante de la Turquie et si le Conseil estime alors que cette population est capable de cette indépendance et s’il recommande de la lui accorder, la Turquie s’engage, dès à présent, à se conformer à cette recommandation et à renoncer à tous droits et titres sur ces régions. Les détails de cette recommandation seront l’objet d’une convention spéciale entre les Principales Puissances alliées et la Turquie. Si ladite renonciation a lieu et lorsqu’elle aura lieu, aucune objection ne sera élevée par les Principales Puissances alliées à l’encontre de l’adhésion volontaire à cet Etat kurde indépendant, des kurdes habitant la partie du Kurdistan comprise jusqu’à présent dans le Vilayet de Mousoul.

20 octobre 1921 Accord franco-turc. La France annexe à la Syrie, placée sous son mandat, les provinces Kurdes de Djezireh et Kurd-Dagh.

1921 Seconde révolte du cheikh Mahmoud qui se proclame "roi du Kurdistan". Elle est matée par l’armée britannique. Exil du Cheikh Mahmoud en Inde.

24 juin 1923 Le traité de Lausanne signé entre les puissances alliées et le gouvernement turc rend caduc le traité de Sèvres et consacre l’annexion de la majeure partie du Kurdistan au Nouvel Etat turc confirment ainsi le partage du Kurdistan entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. D’après CIMADE, 1997

POPULATION

Les Kurdes constituent plus de 90 % de la population du territoire kurde. Les 10 % restant sont des minorités arménienne, assyro chaldéenne, turque, arabe et persane. Leur nombre dans les pays qui se partagent leur territoire est ainsi estimé par la plupart des observateurs à un chiffre compris entre 25 et 35 millions dont plus de 2 millions à l’étranger. Comme il n’existe aucun recensement officiel dans les quatre Etats qui se partagent le Kurdistan, les chiffres que nous allons citer ci-dessous restent approximatifs.

La population Kurde dans les quatre pays qui se partagent le Kurdistan

Kurdistan de Turquie : 14 000 000 à 18 000 000

Kurdistan d’Iran : 7 000 000 à 8 000 000

Kurdistan d’Irak : 4 500 000 à 5 000 000

Kurdistan de Syrie : 1 500 000 à 2 000 000

Total 27 à 30 millions

La diaspora kurde en ex-URSS (500 000 à 600 000) et au Liban (100 000 à 120 000).

LA LANGUE

La langue kurde appartient au groupe linguistique iranien, qui représente une branche des langues indo-européennes. Proche du persan, elle n’a aucune proximité avec le turc ou l’arabe qui sont respectivement des langues ouralo-altaïque et sémitique.

Actuellement le kurde se distingue très nettement du persan moderne par la phonologie, la morphologie et la syntaxe.

Le kurde aujourd’hui comporte plusieurs dialectes et nombreux parlers. On distingue deux grands dialectes qui ont donné naissance à des langues littéraires : le kurmandji et le soranî.

Le kurmandji (dialecte septentrional) est parlé par les Kurdes de Turquie, de Syrie, du nord de l’Irak et de l’Iran, ainsi que par ceux des ex-républiques soviétiques du Caucase, ce qui représente près de deux tiers de la population totale Kurde.

Le soranî (dialecte méridional) est utilisé dans la grande partie du Kurdistan irakien et iranien. Le nombre de Kurdes parlant ce dialecte correspond à environ un tiers de l’ensemble de la population kurde. C’est la langue d’une littérature très riche.

On peut également noter qu’environ 10% des Kurdes de Turquie vivant principalement dans les régions de Dersim et de Diyarbakir parlant un troisième dialecte appelé le dumilî ou zaza (beaucoup de Kurde alévis parlent le dialecte zaza). Les études sur ce dialecte sont en cours depuis quelques années. On ne lui reconnaît pas encore le statut de langue littéraire.

Privés d’un Etat national et frappés d’interdiction culturelle et linguistique dans les pays où ils se trouvent, les Kurdes n’ont jamais eu la possibilité d’unifier leur langue. Aussi ne faut-il pas s’étonner que chacun de ces dialectes laisse place à des parlers locaux qui portent souvent le nom de la province où ils ont cours.

Une autre difficulté à laquelle les Kurdes sont confrontés pour communiquer est l’utilisation de trois alphabets différents pour écrire en Kurde : latin, arabes et cyrillique. Pour les mêmes raisons évoquées plus haut, ils ont dû opter pour l’alphabet utilisé dans les pays où ils se trouvent. Ainsi les Kurdes de Turquie, mais aussi ceux de Syrie, en raison des liens culturels très denses entre les deux parties, ont adopté depuis le début des années trente un alphabet latin purement phonétique qui, semble-t-il, convient mieux au Kurde, suivant en cela les Turcs qui avaient changé, quelques années auparavant, leur alphabet arabe pour le remplacer par un alphabet en caractères latins.

C’est en Syrie, sous mandat français, que des intellectuels kurde fuyant la Turquie kémaliste, se regroupent autour des frères Celadet et Kamuran Bedir Xan (Dedir Khan) et mettent au point un alphabet latin adopté de l’alphabet nouvellement adopté en Turquie. Cet alphabet pris le nom de Hawar (l(appel), nom de la revue dans laquelle il fut popularisé.

Bien que la graphie arabe ne convienne guère à une langue indo-européenne les Kurdes d’Iran et d’Irak ont maintenu leur alphabet arabe adapté au Kurde, alors que ceux des républiques de l’ex-URSS utilisaient un alphabet en caractères cyrilliques. L’alphabet arabe avait été choisi par les Persans, dès le VIIIe siècle, certainement pour des raisons d’appartenance à la civilisation islamique. Cependant, depuis l’effondrement de l’URSS, ce dernier alphabet n’est pratiquement plus utilisé. Malgré l’existence d’un nombre considérable d’œuvres littéraires en cyrillique, les populations de ces régions se servent actuellement de l’alphabet latin. D’après CIMADE, 1997

LA RELIGION

Actuellement, dans leur quasi-totalité, les Kurdes sont musulmans. Il existe aussi un petit nombre de Kurdes juifs et chrétiens.

Plus de 80% des Kurdes musulmans sont sunnites de l’école shaféite. Ils se distinguent ainsi de leurs voisins arabes et turcs qui sont, en général, de rite hanafite.

Les 20% restant sont : chiites orthodoxes (Iran), Ahl-i-Haq (Irak, Iran), alévis (Syrie, Turquie) et yézidis (un peu partout au Kurdistan).

Avant l’islam

Les Mèdes, ancêtres des Kurdes, étaient des mazdéens. Leur grand dieu, Ahura Mazda, « Le Seigneur Sage », était le créateur universel et le guide de l’homme vers le bien. A ses côtés il y avait d’autres dieux moins importants comme Mithra, dieu du soleil, du contrat, de la fécondité et de la procréation.

Les Mèdes adoraient toutes les forces de la nature, en particulier le feu. Les mages offraient aux dieux des sacrifices sanglants et entretenaient le feu sacré dans une chambre surélevée du temple. Ces mages reconnaissaient deux principes : le Bien, Hourmuzd, et le Mal, Ehremen.

Zoroastre (Zerdechte en kurde), prophète né dans le pays Moukri, en plein Kurdistan iranien, en 660 avant JC, réforma le mazdéisme. Il en rejeta certains principes, comme celui des sacrifices sanglants et de la boisson enivrante lors des cérémonies religieuses. Mais il conserva le principe du feu « symbole de la justice et de la lutte contre les forces du mal ».

Son principe essentiel était le choix de tout homme entre la lumière et les ténèbres, le Bien et le Mal (Hourmuzd et Ehremen). Sa morale se résumait en la triade : « bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes œuvres ».

L’Avesta, recueil de textes sacrés, conserve ses prédictions et ses hymnes pour glorifier le Créateur.

Plus tard, à partir de 224 avant JC, le zoroastrisme devint la religion officielle des Perses et dura jusqu’aux conquêtes musulmanes.

Mais avant l’islam, quelques communautés chrétiennes s’implantèrent au Kurdistan. Au début du V° siècle l’église consolida sa position et de nombreux monastères furent construits.

Sous l’islam

Au VIIe siècle, lors des conquêtes musulmanes par les Arabes, les Kurdes et les Perses zoroastriens furent beaucoup plus persécutés que les peuples chrétiens du Proche Orient. En effet, dans le Coran il est recommandé de bien traiter les « gens du Livre », c’est-à-dire les monothéistes juifs et chrétiens. Les zoroastriens, par contre, étaient des majus (mages) qu’il fallait anéantir.

Les Kurdes ont d’abord opposé une résistance à l’invasion musulmane, mais ils adoptèrent l’islam assez rapidement.

Un des plus célèbres souverains musulmans fut certainement le prince Kurde Saladin (1137-1193) qui combattit les Croisés et fonda la dynastie des Ayyubides.

Au XVIe siècle les Kurdes se rangèrent du côté de l’orthodoxie sunnite et ne suivirent pas leurs voisins perses dans le schisme chiite.

Le peuple Kurde est considéré actuellement comme musulman, mais leur islam a toujours été particulier. En effet, du fait de l’attachement des Kurdes à leurs racines, à leurs traditions, à leurs croyances transmises de génération à génération, ils ont toujours cherché des dérives. Ils ont souvent fondé ou fait partie de différentes sectes ou confréries mystiques, comme les alévis, les yézidis, les Ahl-i-Haq, les Naqshbandis, les Qâdiris... Ce mysticisme est très fortement teinté de zoroastrisme.

Lexique

Sunnite : musulman fidèle à la Sunna (« règle de conduite », elle désigne les paroles et les actes du prophète donnés en exemple). La grande majorité des musulmans sont sunnites : ils reconnaissent les quatre premiers califes, n’attribuent aucune fonction religieuse ou politique particulière aux descendants du genre du Prophète, Ali, et adhèrent à l’une des quatre écoles juridiques sunnites.

Les non-sunnites comprennent les chiites, et nombre de sectes minoritaires.

Chiite : partisan d’Ali. Les chiites soutiennent qu’Ali avait un droit divin au calife, c’est-à-dire à la succession du Prophète. Ils considèrent donc Ali comme leur autorité spirituelle, autorité transmise à certaines de ses descendants.

On trouve des Kurdes chiites en Iran.

Ecoles juridiques : il existe quatre écoles juridiques quatre écoles juridiques chez les sunnites : hanafite, hanbalite, malikite et shaéfite. On se réfère parfois à ces écoles, dans le contexte des pratiques religieuses, comme à des rites.

La plupart des Kurdes sont de rite shaféite.

Confréries sunnites : ce sont des congrégations soufies formées autour d’un maître. Il en existe un très grand nombre. La Qâdiriyya fut la première confrérie soufie à voir le jour en tant que telle. Fondée par le Kurde Abd- alm- kadir ( 1077- 1166 ), elle est implantée au Kurdistan depuis la fin du XIIIe siècle. La famille Talabani en fait partie.

La Naqshbandiyya, fondée au XIVe siècle, ne se répandit au Kurdistan qu’au début du XIXe siècle. Aujourd’hui elle est la plus puissante des confréries mystiques. La famille Barzani y adhère.

A la tête de toute confrérie se trouve le cheikh, notable religieux.

Les confréries soufies jouent un rôle social et politique important chez les Kurdes. Gérard Chaliand signale que, « comme dans toute société tribale, certains individus, parce qu’ils ont une source de légitimité en dehors de la tribu, parviennent à des positions de pouvoir en transcendant, au moins temporairement, les divisions entre clans . Ce n’est donc pas un hasard si le mollah Mustafa Barzani, le plus fameux des dirigeants kurdes en Irak (...) ou Jalal Talabani, qui fut son rival, sont issus de familles religieuses. Ils doivent leur influence en partie à ce fait. »

Ahl-i-Haq : secte chiite présente chez les Persans, les Kurdes et les Turkmènes d’Iran et d’Irak les Ahl-i-Haq, « détenteurs de la vérité », sont peut-être à l’origine issus de la secte ismaélienne. Leur culte dualiste présente de grandes différences avec le chiisme officiel. Leurs croyances intègrent des éléments typiques des déviations gnostiques et manichéennes, aux marges de l’islam.

Alévis : « partisans d’Ali » ils professent une religion que l’on trouve principalement en Syrie, mais aussi au Liban et en Turquie. Leur secte a été légitimée comme rameau de l’islam.

On prend souvent les alévis pour des chiites, mais en dépit de la présence du nom d’Ali dans leur dénomination, leurs doctrines ne correspondent pas vraiment au chiisme en tant que tel ; Leurs croyances et pratiques, comme dans des sectes similaires, sont extrêmement hétéroclites et varient d’un groupe à l’autre. Certains éléments sont issus du christianisme.

C’est en secret que les alévis pratiquent leur religion, dans des lieux de réunion particuliers, fermés aux gens de l’extérieur. Leurs dignataires sont des dédés ; ils jouent un rôle analogue à celui des cheikhs, chefs religieux des diverses confréries sunnites.

Yézidis : ils pratiquent une religion syncrétique, de forte influence ismaélienne. Ils sont apparentés à des sectes gnostiques similaires, comme les Ahl-i-Haq. Leurs croyances sont un mélange d’éléments zoroastriens, musulmans et chrétiens. Sont membres de cette secte dualiste certains Kurdes du nord de l’Irak, de Syrie, de Turquie et d’Iran. Leur nombre dépasse sans doute les cent mille personnes.

Le yézidisme se caractérise par son originalité et son caractère strictement Kurde.

Ismaélisme : secte habituellement considérée comme un rameau chiite de l’islam. Son élément essentiel est cependant sa doctrine métaphysique bien particulière plus que ses affinités chiites. La secte perpétue, au sein de l’islam, d’anciens systèmes religieux perses. D’après CIMADE, 1997

LE NOUVEL AN KURDE

Ce jour-là il y a 2700 ans, le terrible tyran Zohak fut tué par le forgeron kurde Kawa à la suite d’un grand soulèvement de tout le peuple kurde contre le règne de l’oppresseur.

Zohak était gravement malade depuis longtemps : un horrible serpent lui poussait sur chaque épaule. Son médecin ne pouvait soigner cette infirmité qu’avec les cerveaux de deux jeunes garçons sacrifiés chaque jour. Au bout de plusieurs années de cette situation tragique, ce fut le tour du septième fils de Kawa de devoir être sacrifié. Kawa prit son grand marteau et se rendit lui-même chez le tyran et le tua, grâce à la participation de toute la population. Car, en fait, il y avait eu une préparation à ce soulèvement général : la décision avait été prise d’attaquer les gardes du tyran dans chaque ville, et d’allumer un grand feu sur le sommet le plus proche en signe de victoire.

Depuis lors, le Newroz existe, c’est-à-dire le nouveau Jour. Et, jusqu’à aujourd’hui, le feu, cette nuit-là, symbolise la victoire de la liberté. Le peuple Kurde célèbre cette fête chaque année le 21 Mars et allume les feux, malgré la totale interdiction des quatre régimes qui dominent leur pays. Chaque année, les Newroz terminent avec des massacres et des arrestations. Mais, même dans les prisons, le peuple kurde continue à la commémorer.

LA MUSIQUE KURDE

Le peuple kurde a maintenu presque inaltérées les caractéristiques millénaires de sa langue et de sa culture traditionnelle : habitudes, usages, costumes, musique et danse. La musique kurde n’est ni une musique érudite, ni une musique populaire, mais les deux à la fois. Elle est nettement mélodique et monodique, avec une large prévalence du fausset dans l’exécution. La musique orientale est plus raffinée, celle des Kurdes plus instinctive et impulsive. La structure se fonde sur une semi- improvisation au cours de la partie finale, généralement rythmique et mélodique. Les règles, les formes et les échelles musicales découlent de la langue kurde et se basent sur une éthique. On y trouvent souvent des noms féminins, des noms de régions, des légendes et des narrations d’événements patriotiques. D’autre part, l’utilisation de ce que l’on appelle "Maqam" ou "Dastgah" consiste en une composition laissant une large place à l’improvisation.

On peut subdiviser la musique kurde en deux genres. Le premier est une musique "de jour", destinée aux festivités. Elle est caractérisée par une forte structure rythmique et mélodique et destinée à des fêtes de mariage ou de circoncision par exemple. Cette musique est accompagnée de danses rythmées "Govand, Chaiy, Halparke" auxquelles participe toute la population, hommes et femmes, l’un derrière l’autre, à la suite d’un chef. Se tenant par la main, les participants exécutent ensemble une danse de pas dans une direction, puis dans une autre, autour du groupe de musiciens et de chanteurs. Le chef agit un mouchoir pour indiquer un changement de pas. Evidemment, les costumes volent au vent, les chaussures s’échappent, mais rien ne peut interrompre le bal, qui se poursuit durant des heures et des heures. Le nom de la danse varie selon les régions et le pas de la danse.

Les instruments adaptés à ce genre de musique sont :

- Dahoul ou Dol, tambour genre grosse caisse

- Zurna, genre d’Oboe en bois

- Balaban ou Duduk, genre de clarinette en bois

- Duzala ou Jusela, flûte à deux roseaux

- Dimbik ou Tambak, tambour allongé en bois ou en terre cuite

- Shimshal ou Blur, flûte en bois ou en roseau

Le second type de musique pourrait être une musique de nuit. Sa caractéristique est une semi-improvisation appelée "Lawk ou Hairan". Les musiciens kurdes chantent, improvisent jusqu’à ce que celui qui les écoute s’en aille calmé et détendu. Dans ce cas, la musique exerce une fonction de thérapie sociale.

Les instruments utilisés pour créer cette atmosphère particulière sont avant tout la voix humaine accompagnée de :

- Tambur, instrument à cordes à long col

- Ud, instrument à corde à main courte

- Cembush, instrument à cordes avec table harmonique

- Santur, genre de "Hakbret" avec caisse de résonance

- Kemanja, genre de violon de jambe

- Daf, genre de tambourin

- Shimsal ou Blur

Ensuite, les différents rythmes sont accompagnés de battements de mains ou de sons produits avec les doigts.

Ces caractéristiques spécifiques de la musique kurde offre une culture musicale unie, même si les styles, la terminologie, la dénomination des modes se distinguent entre le Nord : "Kurmandji" et "Zazaki" et le Sud : "Sorani" et "mukiriani". Toutes ces variantes régionales offrent au contraire une culture musicale au plus haut point commune.


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